Un vieux professeur

Conseils, trucs et astuces pour professeurs débutants

  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 15:59

Les mathématiques sont assimilées à l’abstraction.  Les deux concepts sont tellement imbriqués dans nos esprits qu’elles se confondent pour nombre de gens. Qui n’a pas entendu dire, je suis nul en maths, l’abstrait je n’y comprends rien.
Cependant c’est une erreur malheureuse pour nombre d’enfants qui entendent ce discours car elle assimile les mathématiques à des objets éthérés qui ne se retrouvent pas dans la réalité. Pourtant les chiffres et les figures géométriques se retrouvent à chaque coin de rues de sa vie.

Enseigner l’abstraction, est ce possible ? Je n’y crois pas trop ou alors sûrement pas de façon académique. Une fois j’ai répondu à un parent, qui me demandait comment apprendre l’abstraction à sa fille :  «  jouez ! ! !. »

Jouez aux échecs, à l’Othello, à l’awele pour construire le raisonnement inductif
Jouez au monopoly ou à « la bonne paye » pour apprendre les additions et les soustractions.
Jouez aux Légo pour la géométrie dans l’espace ou faites des promenades en lisant une carte.
Jouez au twister pour la latéralisation.
Jouez, Jouez, Jouez… ! Et plus votre enfant jouera et plus il construira de la pensée abstraite.
Apprenez-lui le Solitaire, des patiences, le Sudoku et tout un tas de jeux pour qu’il puisse jouer seul.
Jouez aux cartes pour les probabilités
Jouez au Go pour l’approche intuitive ou la stratégie ou la tactique.
                                                                     Jouez, Jouez, Jouez… !
Un conseil qui fera hurler les parents :
Vous sentez qu’il maîtrise mal l’espace, achetez-lui une console vidéo et mettez le devant un Doom Like, vous verrez qu’au bout de quelque temps il vous donnera des leçons de GPS. Mes élèves actuels arrivent à résoudre des problèmes de géométrie dans l’espace que des élèves d’il y  a 10 ans maîtrisaient à peine. Grâce à qui : aux jeux vidéos.  Mais bien sûr, il ne faut pas en abuser.

Par Courtois - Publié dans : conseil-de-prof
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 16:55

J'écris cette article suite à la remarque très pertinente d'un de mes lecteurs sur l'article "Un truc pour les devoirs à la maison".

Je cite:

"Que penser alors des petits malins qui auront compris votre technique, qui apprendront par coeur le DM, pour pouvoir le ressortir en contrôle ?"

 

Je ne pense pas que cela soit un vrai problème.

 

D'abord, essayer d'apprendre quelque chose par coeur sans le comprendre , c'est vraiment très très difficile.


Donc finalement ceux là sont très rares et s'ils sont assez courageux pour apprendre par coeur un devoir, c'est déjà un sacré travail et cela ne me gène pas de les valoriser.

 

Et puis on les repère très vite ceux qui apprennent sans comprendre: ils répondent même aux questions qui ne sont pas posées. Cela fait donc très mauvais genre.

 


 


Par Courtois jerome - Publié dans : conseil-de-prof
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 22:53



    Tous les professeurs de mathématiques sont exaspérés par les devoirs à la maison qui ne sont que des photocopies. J’en avais vraiment marre de ne corriger que des copier-coller d’une copie originelle dont je n’arrivait même pas à trouver la trace. Une amie m’a donné LE TRUC que j’expérimente depuis 3 mois. Je donne un devoir à la maison pour dans 15 jours mais je ne ramasse pas les copies le jour dit. Je leur donne un contrôle sur table sur quelques questions texto du devoir pendant 15 min. Je leur fournis la feuille avec les questions sur laquelle ils doivent répondre.


   Pendant les 15 jours de préparations, ils ont droit à toutes les questions qu’ils veulent.

Ils peuvent l'écrire ou ils veulent même sur les murs de leur chambre si cela leur plait mais de toute façon, à la fin, je ne ramasse que leur vrai travail. Bien sûr, le devoir doit être adapté à l’exercice parce que vous ne pouvez pas leur poser toutes les questions (encore que ? ?  C’est à essayer au moins une fois). En général je cherche, grossiérement, un devoir en trois parties et j’interroge sur une des parties.


   Enfin je lis des idées variées et intéressantes, enfin je reconnais celui qui a travaillé de celui qui n’a rien fait. En plus la note que vous donnez sur l’ensemble des Devoirs à la Maison a un sens que vous pouvez vraiment intégrer dans la moyenne. Ah ! Vraiment je suis content de cette idée.
  

Par Courtois jerome - Publié dans : conseil-de-prof
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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 17:57

Je vais tenter de retranscrire un dialogue que j’ai eu avec un parent dont le fils est dans l’école de ma fille. Sa fille est au collége.

- Ah ! Tu es prof de maths, est ce que tu fais du soutien. Ma fille a besoin de soutien en mathématiques.
- Non, je ne fais pas de soutien ! Mais pourquoi a t-elle besoin de soutien ?
- Elle n’est pas très bonne en maths.
- Ah bon ! Je la croyais sérieuse à l’école.
- Oui elle est sérieuse mais je trouve qu’elle n’est pas très bonne.
- Elle s’entend mal avec son prof de maths.
- Non, non, tout va bien. Il est d’ailleurs super, je ne pensais pas en voir des comme ça dans les écoles françaises.
- Elle a quelles notes ?
- 13, 14 de moyenne.
- Hein ! Pourquoi veux-tu qu’elle ait du soutien ?
- Je ne la trouve pas bonne.
- Je ne comprends pas, tu penses que le prof la surnote ?
- Non !
- Alors je comprends de moins en moins.
- J’ai l’impression qu’elle n’est pas bonne dans l’abstraction.
- . . . 

Vous dire pourquoi, il pensait cela, je ne saurais pas le dire. Car j’avais surtout compris qu’il était très inquiet du niveau de sa fille et mon reflexe a été de lui dire :

" Laisse ta fille tranquille, tu risque de l’inquiéter plutot que de l’aider ! ".

Il me raconte ensuite une anecdote qui lui est arrivé chez un libraire. Il demande au libraire ce que sa fille pourrait lire d’un peu plus sophistiqué que ses lectures habituelles. Le libraire s’emporte en lui disant de laisser sa fille tranquille. Elle lit ; c’est déjà plus qu’il ne pourrait en avoir avec d’autres enfants.


Par Courtois jerome
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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 11:32

Bon voilà, après 15 ans de bons et loyaux services passés dans les lycées appelés difficiles, je me retrouve dans une cité scolaire cotée du centre de Paris.

     Je pars pour changer, pour voir d’autres horizons et je pars parce que cela devenait trop facile. Ma dernière classe de première STI fut pourtant un grand bonheur. Les professeurs ont applaudi les délégués au conseil de classe du troisième trimestre, le croirez-vous ? Retrouverais je cette intensité dans le rapport avec les élèves ? J’ai presque regretté de les abandonner. Ils espéraient me retrouver en terminale.
    Aurais-je encore des nouveautés ? Sûrement. J’ai commencé avec les secondes. C’est vrai, ils ont plus de culture et ils s’expriment mieux mais pour les mathématiques ils n’ont rien à envier à mes élèves de mon précédent lycée. Pour la discipline c’est kif-kif, je n’avais pas prévu de faire de plan de table , au bout d’une semaine retour à la case départ.
    Le premier choc c’est les sixième…Je découvre et je panique un peu…
    Le second choc c’est les terminale. C’est la première fois que je ressens que la majorité de la classe anticipe le bac à la fin de l’année donc cela travaille plutôt bien.

    Mais mon travail s'en ressent. Il y avait longtemps que je n'avais pas été aussi fatigué en fin de trimestre.

      A suivre…

Par Courtois jerome
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 12:20

         Mes meilleurs cours, ceux que je réutilise sans inquiétude, sont les cours que j’ai tapé en prévoyant qu’ils pouvaient être utilisés par les élèves en autonomie. Je me suis mis à la place des élèves et j’ai essayé de les imaginer entrain de les préparer seuls. Parfois je donne directement les polycopiés pour faire le cours quand je suis sûr de leur efficacité…ou quand je suis en retard sur ma progression. Mais je ne les laisse pas complètement seul car malgré mon effort d’empathie, il y en a toujours qui sont incapables de faire un travail en complète autonomie sur un polycopié. Je fais une lecture suivie du polycopié et j’accompagne les exercices qui sont proposés dans le polycopié.
    Attention je ne donne pas toujours le polycopié car il est souvent incomplet et pas toujours adapté.
    J’ai commencé à engager ce type de travail sur mes cours pour pouvoir gérer le plus simplement possible le problème de l’absentéisme en classe de terminale STI électronique vers les mois d’avril et mai. Ils ont un projet d’électronique qu’ils doivent soutenir à la mi-mai. Cette période devient alors très difficile à gérer, les élèves viennent en cours, suivant l’état d’avancement de leur travail en électronique,  par petit groupe qui n’est pas toujours le même que le précédent. La seule façon de pouvoir être efficace était donc de leur donner un polycopié sur lequel ils pouvaient s’investir seul et le plus rapidement possible.
    Voici un exemple de polycopié sur les suites : Notions de suite

Par Courtois jerome
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 18:31

Les élèves doivent-ils s’adapter au professeur ou le professeur doit-il s’adapter aux élèves ?
Euh ! …Ben ! … Les deux mon capitaine ! ! !
    Les élèves doivent-ils s’adapter au professeur ? Oui mais les règles doivent être très claires et clairement énoncées, en particulier lors du premier cours. A cette condition, ils peuvent accepter des choses étonnantes.

    Si vous êtes en retard, vous devez me recopier cinq poèmes de Baudelaire quelle que soit la raison même si votre bus a eu du retard, même si vous étiez chez le CPE. Pas de problème, ils le feront car ils le savaient et ils évitent d’être en retard.
   
    J’ai eu une classe de terminal STI électronique avec laquelle je n’avais pas été très clair sur le travail, les exigences et la discipline parce que je l’imaginais comme une autre classe STI électronique que j’avais en parallèle et qui était plutôt correcte. Malheureusement le profil des deux classes était totalement différent et ce fut une bagarre tout au long de l’année avec la classe la plus dissipée

    Le professeur doit-il s’adapter au professeur ? Oui mais l’objectif est d’apprendre et de progresser jusqu’au niveau demandé par les programmes. Une condition : c’est d’être très à l’écoute de leur niveau et de leur capacité de concentration.

C’est donnant donnant. Je m’adapte à certaines de leurs demandes, ils doivent s ‘adapter aux miennes. S’ils n’en profitent pas je ne leur donnerai pas une seconde chance. Si tout cela est bien clair, en général le groupe classe suivra. Bien sur, il peut toujours y avoir des individualités qu’il faudra maîtriser.
.
    En première STI, la moitié des élèves viennent de BEP, factoriser avec les identités remarquables et résoudre une équation simple fait partie des angoisses de leur scolarité. J’essaye de m’acharner, de recommencer, de refaire, de faire autrement, rien ne marche. Cependant, deux mois après, on travaille sur le discriminant d’un polynôme du second degré. La notion semble complètement nouvelle pour eux et j’aperçois un déblocage. Pourtant, je pensais que la notion ne serait pas comprise sans une bonne connaissance des factorisations. J’aurais mieux fait de m’arrêter rapidement sur les factorisations plutôt qu’un acharnement qui risquait un dégoût supplémentaire.

    Le mardi, Les élèves de terminales commencent à 8h avec deux heures de sport, n’ont qu’une heure pour manger et commencent deux heures de maths avec moi à 15 h. Ils ont donc déjà 6 heures de cours dans la tête avant le cours de maths. Le cours peut devenir infernal ou au contraire amorphe. J’ai essayé de faire un cours correct ; une fois sur deux, c’est l’échec ; disons même deux fois sur trois. J’ai donc instauré la sieste de 10 à 15 minutes, montre en main, en début de cours. Croyez-vous que c’est du temps de perdu ? Que nenni, moi et les élèves préféreront largement l’heure et demi efficace après la sieste que les deux heures de combat acharné contre l’excitation ou la mollesse.

J’ai un cours de 11h à 13 h avec les premières S. A partir de 12h, 12h15, j’arrête de leur faire faire des exercices complexes. Je passe à un cours magistral sur une notion très simple que j’étire au maximum et je leur fais faire oralement quelques exercices genre QCM ou Vrai /faux. J’ai essayé une fois de leur faire une progression à difficulté croissante tout au long des deux heures. Le résultat fut désastreux. En vérifiant le lendemain, tout ce qui avait été fait à partir de 12h15 avait été oublié, mal recopié, mal compris ou compris de travers.

    Dans certaine classe, genre STG, certains peuvent avoir des difficultés même à tracer une droite. Je reviens calmement à cette base pour aller jusqu’aux calculs de dérivées. Beaucoup sont très surpris de finalement y arriver. Je n’ai pas hésité à perdre du temps au début. Il est toujours plus inefficace d’ignorer leur ignorance et de se retrouver coincé par la suite.

    Quand les élèves me demandent de ralentir,  je ralentis, je recommence parfois. S’ils le demandent c’est qu’ils sont en mode de recopiage, il n’y a plus de place pour la compréhension. Ce que vous dites n’a plus vraiment d’impact.

    Parfois, après un contrôle, deux jours avant les vacances ou en fin de semaine, ils sont tellement fatigués que je peux être complètement déstabilisé par leur « idiotie », même avec de très bons élèves. Il faut se méfier de ces moments là. Je peux vraiment croire qu’ils le font exprès et je m’énerve. Essayez vous-même de résoudre un problème de n’importe quoi après une journée de travail épuisante et vous verrez que vous n’arriverez plus à comprendre même des évidences.
   
Et vous trouverez des tas d’exemples de ce genre tout au long du blog.

J’ai  voulu écrire cet article après une heure, un jeudi, deux jours avant les vacances de février. Les élèves de terminale STI venaient d’avoir un contrôle de physique. Je leur fais faire un TP sur ordinateur en pensant que cela serait plutôt détendu. En général, ils adorent.
Je leur explique, via mon écran qui est projeté sur le leur, comment construire un point de coordonnées A(1 ;1) de la façon suivante :
-Tapez "A majuscule", je dis bien "majuscule" puis  "=" , j’insiste  "=" , "parenthèse, 1, puis virgule "
Je recommence trois fois la virgule. 
-Enfin "1" et vous n’oubliez pas de fermer la parenthèse.
N’oubliez pas, qu’en même temps, il me voit faire A=(1 , 1).

Pourtant la moitié des élèves n’arrive pas à faire leur premier point.
Ensuite le TP  demande de calculer f(x)–f(a) sachant que f(x)=x². Les trois quarts n’arrivent pas à écrire f(x)–f(a)= x²–a²
Je commence à m’énerver et puis je m’arrête brutalement en m’imaginant mardi soir après 7 heures de cours entrain d’essayer de comprendre une phrase simple en Japonais. Je ne vous l’ai pas dis ? J’apprends le japonais en ce moment. C’est dur ! !

Par Courtois jerome
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Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 14:10

Avant la rentrée, je passe chez le coiffeur auquel je demande une coiffure très courte pour rehausser mon air sévère. Je ne m’habille pas trop strictement mais je fais attention à ce que je mets. J’évite la couleur les premières semaines de cours.

La première heure est souvent déterminante.  Elle décide de l’ambiance que vous installez dans la classe. En arrivant devant la porte,  j’observe leur façon de se comporter et je décide de la façon dont je vais faire la rentrée en classe. Il y a trois possibilités.

    Élèves calmes et peu bruyant (souvent des secondes) : rentrée en classe classique mais je reste devant la porte pour détecter les éventuelles excitations.

    Élèves bruyants mais calmes : Je les fais rentrer par groupe pour les installer sur les tables des premiers rangs. Je les regarde dans les yeux en leur disant bonjour avec un air sévère mais bienveillant.

    Élèves dissipés voir plus (souvent des STG) : Je les fais rentrer un par un et je contrôle leur façon de s’installer. Si la façon de s’installer est incorrecte je leur demande de sortir et de se préparer à rentrer, après les autres, de façon plus convenable :

  • On ne jette pas le sac sur la table
  • On enlève sa veste
  • On sort son matériel
  • On ne s’affale pas sur la chaise.

    Cette rentrée peut être très longue, voir trois quarts de l’heure pour des classes avec 35 élèves, mais je la trouve nécessaire ; c’est du temps de perdu que je gagne pour la suite. En général, il faut insister pour les dix premiers élèves, la suite comprend assez vite le principe.

Quand ils sont tous assis, je les observe quelques secondes avec un petit air désagréable et suspicieux. Je me présente et je fais l’appel. Je ne demande pas de fiche sauf quand je suis professeur principal. Et ensuite je passe aux règles. Depuis trois ans je m’amuse un peu en commençant par leur expliquer qu’ils devront avoir en tête « Les fleurs du mal » de Baudelaire. C’est la sanction de base : la recopie de cinq poèmes  de ce recueil et uniquement de ce recueil. J’adore voir leur réaction quand je leur annonce cela. Ils n’ont pas trop l’habitude de voir leur premier cours de maths commencer par Baudelaire.
Puis j’énonce les sanctions. Cela peut prendre un certain temps :
    Arriver en retard cinq poèmes
    Bavardages : cinq poèmes
    Absence : un poème par heure d’absence
    grossièreté : cinq poèmes
    Assoupissement : 2 poèmes
    Entrée en classe inadaptée : cinq poèmes
    Port de casquette : cinq poèmes
    Oubli de matériel : cinq poèmes
    Etc…
Évidemment, il ne faut pas hésiter à appliquer une sanction dés la première heure. J’espère toujours qu’il y en a un qui dérape la première heure, au moins je suis sûr que le message sera enregistré. La plupart du temps celui qui dérape la première heure ne fera pas la sanction pour l’heure suivante. Il pensait que c’était une blague, me raconte-t-il. Je le renvois avec un poème de plus.

    Quand toutes les sanctions sont bien énoncées, je parle de ma façon de travailler, du matériel, des devoirs et de la vie au lycée.

    J’aime bien qu’il reste du temps pour commencer un cours pour montrer que le premier objectif de l’école c’est quand même d’apprendre...

Par Courtois jerome
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 10:11
         Je ne donne jamais de sanctions collectives. Elles sont fondamentalement injustes et par voie de conséquence complètement contre-productives. Si je ne peux pas mettre de sanction aux vrais fautifs je préfère accepter mon échec et chercher une solution si jamais l’incident se reproduit. « Mieux vaut 100 coupables en liberté qu'un seul innocent en prison».  Je l’ai déjà fait une fois, je m’en veux encore.
       
          Je ne dis plus : « Qui a fait ça ? ». On n’a jamais de réponse et on se met immédiatement en défaut d’autorité. Je regarde seulement un des élèves parmi ceux que je soupçonne et je leur fais bien comprendre que la sanction tombera si jamais je « chope » celui qui recommence.
           
             Un élève parmi un groupe de quatre élèves s’exclame grossièrement au fond de la classe. Je ne sais pas qui c’est. Je regarde d’un air méchant celui qui pourrait être le fautif en leur faisant bien comprendre que je déteste ce genre d’attitude. Les autres élèves me demandent pourquoi je n’ai pas sanctionné les quatre élèves. Je leur explique que je ne donne jamais de sanctions collectives à cause de l’injustice que cela entraîne. Je vois alors…allez.. Je vais un peu me vanter…une approbation dans leurs gestes et une certaine admiration dans leurs yeux.

Par Courtois jerome
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 09:23

        Eh oui ! …l’animalité n’a pas complètement désertée les classes et parfois quelques singes ou quelques cochons se cachent dans la foule des élèves. Vous ne les entendrez que si vous êtes entrain d’écrire au tableau, le dos tourné. Vous vous retournez brutalement, et évidemment vous ne savez jamais qui cela peut être.  Si vous laissez la situation perdurée, la maladie se propage et la classe devient une basse-cour incontrôlable ou se mélangent les bêtes féroces, les poules caquetantes  et les rires idiots. Comment faire quand vous finissez par remarquer que le virus est entrain de s’installer ?
       C’est assez simple. Je continue à écrire au tableau le dos tourné, je suis encore plus calme que d’habitude et je les préviens avec une voix grave et sévère que si jamais j’en attrape un seul entrain de faire, même un petit bruit d’oisillon apeuré, il risque de le regretter amèrement.  Mon langage n’est pas toujours aussi châtié mais cela coupe radicalement la propagation car ils savent que je tiens toujours mes promesses

Par Courtois jerome
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