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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 18:31

Les élèves doivent-ils s’adapter au professeur ou le professeur doit-il s’adapter aux élèves ?
Euh ! …Ben ! … Les deux mon capitaine ! ! !
    Les élèves doivent-ils s’adapter au professeur ? Oui mais les règles doivent être très claires et clairement énoncées, en particulier lors du premier cours. A cette condition, ils peuvent accepter des choses étonnantes.

    Si vous êtes en retard, vous devez me recopier cinq poèmes de Baudelaire quelle que soit la raison même si votre bus a eu du retard, même si vous étiez chez le CPE. Pas de problème, ils le feront car ils le savaient et ils évitent d’être en retard.
   
    J’ai eu une classe de terminal STI électronique avec laquelle je n’avais pas été très clair sur le travail, les exigences et la discipline parce que je l’imaginais comme une autre classe STI électronique que j’avais en parallèle et qui était plutôt correcte. Malheureusement le profil des deux classes était totalement différent et ce fut une bagarre tout au long de l’année avec la classe la plus dissipée

    Le professeur doit-il s’adapter au professeur ? Oui mais l’objectif est d’apprendre et de progresser jusqu’au niveau demandé par les programmes. Une condition : c’est d’être très à l’écoute de leur niveau et de leur capacité de concentration.

C’est donnant donnant. Je m’adapte à certaines de leurs demandes, ils doivent s ‘adapter aux miennes. S’ils n’en profitent pas je ne leur donnerai pas une seconde chance. Si tout cela est bien clair, en général le groupe classe suivra. Bien sur, il peut toujours y avoir des individualités qu’il faudra maîtriser.
.
    En première STI, la moitié des élèves viennent de BEP, factoriser avec les identités remarquables et résoudre une équation simple fait partie des angoisses de leur scolarité. J’essaye de m’acharner, de recommencer, de refaire, de faire autrement, rien ne marche. Cependant, deux mois après, on travaille sur le discriminant d’un polynôme du second degré. La notion semble complètement nouvelle pour eux et j’aperçois un déblocage. Pourtant, je pensais que la notion ne serait pas comprise sans une bonne connaissance des factorisations. J’aurais mieux fait de m’arrêter rapidement sur les factorisations plutôt qu’un acharnement qui risquait un dégoût supplémentaire.

    Le mardi, Les élèves de terminales commencent à 8h avec deux heures de sport, n’ont qu’une heure pour manger et commencent deux heures de maths avec moi à 15 h. Ils ont donc déjà 6 heures de cours dans la tête avant le cours de maths. Le cours peut devenir infernal ou au contraire amorphe. J’ai essayé de faire un cours correct ; une fois sur deux, c’est l’échec ; disons même deux fois sur trois. J’ai donc instauré la sieste de 10 à 15 minutes, montre en main, en début de cours. Croyez-vous que c’est du temps de perdu ? Que nenni, moi et les élèves préféreront largement l’heure et demi efficace après la sieste que les deux heures de combat acharné contre l’excitation ou la mollesse.

J’ai un cours de 11h à 13 h avec les premières S. A partir de 12h, 12h15, j’arrête de leur faire faire des exercices complexes. Je passe à un cours magistral sur une notion très simple que j’étire au maximum et je leur fais faire oralement quelques exercices genre QCM ou Vrai /faux. J’ai essayé une fois de leur faire une progression à difficulté croissante tout au long des deux heures. Le résultat fut désastreux. En vérifiant le lendemain, tout ce qui avait été fait à partir de 12h15 avait été oublié, mal recopié, mal compris ou compris de travers.

    Dans certaine classe, genre STG, certains peuvent avoir des difficultés même à tracer une droite. Je reviens calmement à cette base pour aller jusqu’aux calculs de dérivées. Beaucoup sont très surpris de finalement y arriver. Je n’ai pas hésité à perdre du temps au début. Il est toujours plus inefficace d’ignorer leur ignorance et de se retrouver coincé par la suite.

    Quand les élèves me demandent de ralentir,  je ralentis, je recommence parfois. S’ils le demandent c’est qu’ils sont en mode de recopiage, il n’y a plus de place pour la compréhension. Ce que vous dites n’a plus vraiment d’impact.

    Parfois, après un contrôle, deux jours avant les vacances ou en fin de semaine, ils sont tellement fatigués que je peux être complètement déstabilisé par leur « idiotie », même avec de très bons élèves. Il faut se méfier de ces moments là. Je peux vraiment croire qu’ils le font exprès et je m’énerve. Essayez vous-même de résoudre un problème de n’importe quoi après une journée de travail épuisante et vous verrez que vous n’arriverez plus à comprendre même des évidences.
   
Et vous trouverez des tas d’exemples de ce genre tout au long du blog.

J’ai  voulu écrire cet article après une heure, un jeudi, deux jours avant les vacances de février. Les élèves de terminale STI venaient d’avoir un contrôle de physique. Je leur fais faire un TP sur ordinateur en pensant que cela serait plutôt détendu. En général, ils adorent.
Je leur explique, via mon écran qui est projeté sur le leur, comment construire un point de coordonnées A(1 ;1) de la façon suivante :
-Tapez "A majuscule", je dis bien "majuscule" puis  "=" , j’insiste  "=" , "parenthèse, 1, puis virgule "
Je recommence trois fois la virgule. 
-Enfin "1" et vous n’oubliez pas de fermer la parenthèse.
N’oubliez pas, qu’en même temps, il me voit faire A=(1 , 1).

Pourtant la moitié des élèves n’arrive pas à faire leur premier point.
Ensuite le TP  demande de calculer f(x)–f(a) sachant que f(x)=x². Les trois quarts n’arrivent pas à écrire f(x)–f(a)= x²–a²
Je commence à m’énerver et puis je m’arrête brutalement en m’imaginant mardi soir après 7 heures de cours entrain d’essayer de comprendre une phrase simple en Japonais. Je ne vous l’ai pas dis ? J’apprends le japonais en ce moment. C’est dur ! !

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Published by Courtois jerome - dans conseils
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Un vieux professeur

Conseils, trucs et astuces pour professeurs débutants

  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

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