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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 10:04
L'humour est un outil très puissant pour obtenir l'écoute, le respect ou pour désarçonner une situation pénible. Mais attention il faut le manier avec délicatesse.
 
Le second degré:  il est très dangereux de l'utiliser avec les élèves, ils le comprennent rarement car ils sont souvent sur la défensive.
 
Une fois j'ai dit à un très bon élève, qui avait très bien réussi son devoir et qui me demandait sa note, qu'il avait 5 sur 20. Il s'est mis à pleurer
 
Les clowneries : Je pense être assez bon dans ce type d'humour mais attention à ne pas en abuser faute de perdre l'écoute et le respect. J'ai entendu une fois des élèves dire "il est ouf le prof" après que je me sois déchaîné.
 
Les jeux de mots : Je n'y connais rien mais je connais des collègues qui ont un très grand succès auprès des élèves.
 
 Les vannes: vous rentrez ici dans le terrain de prédilection des élèves. C'est extrêmement efficace pour stopper un élève pénible ou bavard ou pour le culpabiliser quand il ne travaille pas. Cela n'est utilisable qu'avec une classe ou un élève dont j'ai la confiance, et là attention si vous tombez sur plus fort que vous. Le piège peut se retourner contre vous. Si vous les vannez, ils vous vanneront.
 
L'auto-dérision :Très efficace quand un élève vous dit que vous êtes trop dur. Rajoutez en: "Je suis même méchant et vicieux". Cela évite de justifier votre sanction et cela coupe toute conversation. Un professeur peut être fortement déstabilisé par des affirmations du genre : " C'est injuste !!" . On ne doit surtout pas essayer de répondre à ce type de propos qui sont infantiles. Rajoutez en: "Tu as raison, je suis même un dictateur dont tu es la victime".
 
Les blagues: Je dois les raconter très mal, je fais toujours un bide
 
Une situation cocasse:
 
Quand j'étais élève de troisième, nous avions une professeur de latin qui avait un long nez. Cela arrive et je ne me souviens pas d'une laide femme. Mais je me rappellerais toujours d'un cours avec un grand soleil qui traversait la salle dans l'axe du tableau. Chaque fois qu'elle se mettait de profil, l'ombre de son nez s'allongeait démesurément. Et chaque fois c'était l'hilarité générale. Je voyais cette femme se décomposer et personne ne lui expliquait ce qui se passait. La classe s'est retrouvée collée en fin de journée.
 
Quelle angoisse!!
 
Il arrive qu'un élève, une partie de la classe, ou la classe entière se prennent d'un fou rire inexplicable. Leur réponse, quand on leur demande ce qui se passe, est toujours "Rien !!" mais cela peut malheureusement continuer. Il y a de quoi tomber dans la paranoïa. Maintenant quand cela arrive, je leur demande si ma braguette est ouverte en regardant mon entrejambe. Ils éclatent de rire un bon coup et souvent un élève me dit que cela n'est pas à mon sujet qu'ils rigolent et je finis par savoir le fin mot de l'histoire. Cette idée m'est venue un jour où j'avais vraiment la braguette ouverte.
 
Le décalage : C'est plus pour vous faire plaisir. Mais si les élèves comprennent le jeu, ils essayeront de détecter tout vos effets et seront plus à l'écoute.
 
"Si vous résolvez 2x+3 = 0, Thomas enlève tes pieds de la chaise, vous obtenez, x = –1,5. Avec f(x) =k(k'x²+1)/(x²+1). Si k' "c'est fini" égal à 1 alors f est une fonction constante".
On m'a demandé recemment quelle était le décalage dans k'  "c'est fini". Je me suis senti un peu vieux. C'est une chanson d'Hervé Vilard qui a eu beaucoup de succès dans les années 60 et 70: "Capri, c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour...".
Les lapsus : Il y en a toujours et cela peut faire rire beaucoup. Je me corrige rarement, je les laisse rire ou je ris avec eux. Les lapsus ont l'avantage de montrer aux élèves que nous sommes des humains ordinaires. Cela détend l'ambiance et ils retiennent souvent la leçon grâce à ce petit événement.
 
La vulgarité: à proscrire
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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 16:34

Méfiez vous du syndrome du Cercle des Poètes Disparus. Le dialogue est une discussion à deux, or un professeur est seul face à une trentaine d'élèves. Un professeur entendra toujours dans sa carrière au moins une fois la phrase:

"M'sieur, on peut discuter, écoutez moi, on est en démocratie…"

Je réponds toujours:

 

"Non la démocratie c'est dehors ! Ici je suis seule maître à bord. Dans ma classe vous êtes dans une dictature. Et vous savez très bien ce que l'on fait des mutins."

Les élèves pensent souvent que la condition sine qua none de l'écoute est l'acceptation de leur demande. Je ne peux pas l'accepter donc je me présente d'abord comme totalitaire. Quand cette notion est clairement imprimée, je peux entamer un certain dialogue et une certaine écoute. Mais je n'oublie jamais que je suis l'adulte et qu'ils sont les enfants (même avec des élèves de 20 ans en terminal) . Un dialogue mûr peut arriver avec quelques élèves, parfois avec une classe. Cependant, au mois de septembre, je les considère comme des enfants avec des règles pour enfants. C'est à eux de prouver leur maturité.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:52

 La première chose pour avoir un ascendant, et je ne parle pas d'autorité car ce mot possède actuellement une connotation fondée sur la peur qui fonctionne très peu sur une classe. Seulement quelques enseignants au caractère très particulier et au charisme foudroyant arrivent à s'imposer par autoritarisme. L'ascendant sur une classe s'obtient d'abord en montrant que vous êtes détenteur d'un savoir que les élèves ne possèdent pas mais que vous aller partager avec eux. J'essaye donc d'être presque irréprochable sur mes connaissances, mon travail et ma pédagogie.

N'imposez jamais une règle que vous n'êtes pas capable de respecter:

Si vous ne supportez pas les retards, ne soyez pas en retard.

Si vous ne supportez pas les absences ne soyez pas absent

Si vous ne supportez pas les grossièretés ne soyez pas grossier

Si vous voulez le respect soyez respectueux.

Cela parait être des évidences mais nombre de collègues tombent dans ce défaut. Ils attendent des élèves des règles qu'ils n'appliquent pas eux même. Je suis moi même tombé dans ce travers. Et bien sur, cela peut tourner à la catastrophe.

Christophe se plaint du professeur de français qui avait traité un de ses camarades de "portos". J'avais renvoyé Christophe le mois précédent parce qu'il avait lancé "sale rital" à l'adresse d'un autre camarade. Il avait compris ma sanction. Mon collègue montrait l'exemple inverse et il n'arrivait plus à obtenir grand chose de ses élèves.

Un jour où j'étais dans un sale état dans une classe de première ES, j'ai été d'une vulgarité sans nom envers un élève qui me disait qu'il ne comprenait rien. Je n'ai jamais pu faire un cours correct avec cette classe. Il faut dire que je débutais.

Quand j'ai décidé d'imposer une règle de discipline, j'essaye d'être rigoureux, de la respecter à tous les cours, même quand je suis fatigué. Une règle ne s'impose que si elle est respectée sur le long terme. J'avoue que c'est beaucoup plus difficile qu'on ne le croit. Si vous voulez qu'une règle soit respectée, imposez la avec rigueur sans faiblesse.

J'essaye de ne pas crier ou de hurler, je sais c'est parfois impossible de s'en empêcher et aucun professeur ne peut y échapper. Mais c'est extrêmement rare que cela soit efficace. Cela ne marche qu'avec des classes d'agneaux très peu courantes sous nos latitudes éducatives ou avec une classe dont vous avez toute la confiance, ce qui ne s'acquière jamais avant une période avancée de l'année.

Je n'oublie jamais que je peux me permettre de perdre du temps sur les règles et la discipline, c'est du temps de gagner pour la suite.

Je ne refuse pas toujours un événement imprévisible.

Un jour où il faisait un soleil lumineux, un nuage est passé et il est tombé une grêle impressionnante, les élèves étaient surexcités, se levaient pour voir le spectacle. Je ne suis pas intervenu, l'évènement à durer cinq minutes et ils sont revenus au travail. Une collègue m'a dit qu'elle avait mis un quart d'heure à les calmer mais elle n'avait pas laissé l'orage passé.

J'essaye d'être à l'écoute en permanence et si j'essaye de prévoir mon discours surtout dans les situations difficiles avec un élève ou avec une classe, je me dis toujours que les situations sont presque toujours imprévisibles.

Une classe de type ES était insupportable. J'avais un jour décidé de faire preuve d'autoritarisme en préparant mon intervention dans tous les détails. Le jour où je décide de faire ça, les élèves me proposent une discussion pour résoudre le problème que nous avions. J'ai refusé. Le cours a dégénéré. Et tout la suite de l'année fut insupportable. Je n'ai jamais réussi à redresser la barre. C'est mon pire échec.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:49

   La préparation physique est importante. Il faut avoir une bonne connaissance des capacités de la voix et du souffle. Si vous avez mal à la gorge, c'est que vous respirez mal. Prenez des cours de chant ou de théâtre. Les deux activités apprennent à utiliser la voix de façon correcte sans qu'elle se fatigue, on peut alors parler très fort très longtemps.

   Certaines personnes ont une voix très haut perchée, et pas seulement les femmes, qui handicapent leur charisme. Une amie a réussi à résoudre ce problème en allant voir un orthophoniste ou un phoniaque. Je ne sais plus trop.

    Pour marquer ma supériorité, une colère, une impatience ou une injonction, je descends ma voix le plus bas possible. Pour faire un effet comique, on peut la monter.

    J'ai fait du Théâtre, ce qui m'a beaucoup aidé pour m'imposer devant les élèves. On y apprend l'écoute de l'autre ce qui n'est pas négligeable devant des élèves qui ont parfois du mal à se connaître eux même. J'ai appris à minimiser mes gestes, à détecter mes tics, à marcher devant un public. Un professeur est un acteur, tous ceux qui me diront le contraire n'ont pas compris dans quelle situation se plaçait un enseignant. Et surtout ils ne savent pas ce qu'est un acteur. On me répondra qu'on ne peut pas toujours lutter contre sa nature et qu'on ne peut pas toujours jouer un autre personnage. C'est encore un préjugé sur le métier d'acteur, allez voir Caubére qui joue sa vie depuis vingt ans. On peut être acteur avec sa personnalité.

   Grâce au théâtre, j'ai appris à dominer ma peur, à simuler l'assurance dans des situations délicates et à accepter de faire des erreurs en public. La plupart du temps personne ne s'en aperçoit. Cela fait partie du spectacle.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:48

J'ai d'autres activités en dehors de l'enseignement. Les élèves du secondaires peuvent être des mangeurs de nerfs et il faut pouvoir faire respirer son cerveau.

J'aime découvrir d'autres disciplines pour me mettre dans la peau d'un élève ignorant, c'est très instructif sur le sentiment que peut ressentir l'élève qui découvre des choses qu'il n'a jamais entrevues. Une année j'ai commencé la danse irlandaise, une autre fois le Visual Basic, une autre année le Tango, j'ai essayé le Cambodgien (Ce fut dur!). Je me suis mis au montage numérique. Une année je me suis occupé de ma fille qui venait de naître. L'année suivante j'ai commencé le Bandonéon. J'ai fait du bricolage sur mon nouvel appartement. Cette année j'ai écrit ce que vous êtes entrain de lire. Je ne sais pas encore ce que je ferais l'année prochaine.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:44

J'essaye d'avoir un respect presque sans faille pour mes élèves, ils me respecteront que plus; même l'élève le plus récalcitrant ou le plus désagréable peut devenir alors un agneau quand vous lui parler en tête à tête. Je n'ai rencontré qu'une fois un élève vraiment méchant, et je n'en suis plus très sûr maintenant car je débutais dans le métier et n'étais pas toujours aussi efficace.

Parfois, dans un moment d'absence ou de fatigue, il m'est arrivé d'avoir des mots mal placés ou irrespectueux. Je n'hésite pas à m'excuser auprès de la classe dès que je m'en rends compte. Bien sur, il faut le faire sans contrition.

Je suis très attentif au discours que tiennent les élèves. Ils sont en général assez mauvais comédien bien que parfois ils le croient.

Mourad, un bavard compulsif mais très intelligent, se mettait à parler de mathématiques un peu dans le désordre dés que je m'approchais de lui. Il a fallu au moins 3 mois pour lui faire comprendre que personne n'était dupe de son jeu et qu'il devait arrêter de prendre les autres pour des imbéciles sinon cela lui retomberait sur la tête.

Quand un élève n'arrive pas à faire un exercice simple je ne crois jamais qu'il essaye de se moquer de moi. J'ai du mal à croire qu'ils possèdent un tel niveau de cynisme sur leurs capacités. C'est plutôt le manque de confiance en soi qui les caractérisent.

Une collègue d'anglais d'une de mes classes de seconde vient me voir en me disant qu'Antony se moquait d'elle parce qu'au lieu de conjuguer les verbes dans une phrase à trous, il mettait simplement le temps. Elle s'est énervée et lui aussi par dessus le marché. Antony est un redoublant, que je connaissais, qui revenait de très loin. J'explique donc à ma collègue qu'Antony a mal fait son travail, c'est vrai, mais il l'a fait, ce qui fait toute la différence. Elle a alors complètement changé sa façon d'aborder Antony et cela c'est finalement bien passé jusqu'à ce qu'Antony se rende compte qu'il était très très loin d'un niveau d'Anglais suffisant.

J'essaye de répondre à toutes les questions du moment qu'elle ne gène pas la continuité du cours. Il peut y a avoir des questions terriblement "idiotes", à première vue. Je me méfie de ce mot "idiot" comme de la peste, cela peut cacher des incompréhensions que l'on ne soupçonne pas.

Une fois un élève ni bon ni mauvais m'a demandé pourquoi "–´ – = +" et sur le moment je fus incapable de répondre.

La plus part des élèves ont très peu conscience des conséquences de leurs actes. C'est le propre de l'adolescence. Il faut donc leur en parler et leur dire.

Un collègue me parle de Thibaut qui fait le clown en classe. Il m'affirme que Thibaut sait très bien ce qu'il fait. Cependant Thibaut est un hyper actif dyslexique, et j'ai du intervenir avec son père et le proviseur adjoint pour calmer son attitude car la classe commençait à le rejeter et à l'insulter. De plus, il devenait paranoïaque et le moindre événement prenait des proportions gigantesques. Il a été sous le choc quand on lui a appris qu'il gênait ses camarades par son attitude.

Un élève qui ne fait rien et bavarde continuellement depuis trois mois sort un journal pendant le cours et commence à le lire. Je lui dis de sortir et de ne plus revenir dans mon cours. Celui ci m'affirme que je ne le dérangeait pas. Je lui réponds que non seulement il me dérangeait mais qu'en plus il m'insultait. Il n'a plus rien dit et il est parti. Je suis intimement persuadé qu'il venait de découvrir un aspect du monde qu'il ne soupçonnait pas.

Un élève était profondément désagréable, par des petites remarques, des petits gestes, des petits airs... Je lui dis pendant une réunion avec à son père qu'il était odieux, désagréable et impoli. Il dit que c'est faux. Je le regarde en face et lui dit qu'il ne suffit pas de grand chose pour être odieux, il suffit d'un "pfff" et je laisse un léger filet d'air s'échapper à la commissure de mes lèvres. L'élève est devenu rouge écarlate.

Un jour j'arrive dans une salle de devoir surveillée. Un élève faisait le rigolo en se mettant à une table dos au tableau et les surveillants n'arrivaient pas à le raisonner. J'interviens en lui disant d'arrêter de faire le méchant. Sa dénégation timide sur sa prétendue méchanceté fut exemplaire de la déstabilisation dans laquelle il se trouvait. Il ne se voyait pas méchant.

 

Le mot "méchant" est très utile. il n'est pas considéré comme une insulte mais touche profondément les élèves dans la vision qu'ils ont d'eux même. Si vous dites à un élève qu'il est méchant, il ne se sentira pas insulté mais sera souvent déstabilisé. C'est vrai. ils ne sont jamais méchants mais ils peuvent agir de façon méchante sans s'en rendre compte. Il faut donc les rappeler à l'ordre.

Une des choses qui me choque encore au lycée, c'est la permission que l'on donne aux élèves de première de refuser l'avis du conseil de classe qui considère que le redoublement est la meilleur des solutions. Je ne suis pas choqué parce que l'on enlève un certain pouvoir aux professeurs mais parce que l'on donne aux adolescent le pouvoir d'une décision qu'ils ne sont généralement pas capable de prendre. On refuse aux adolescents d'être des adolescents.

Une élève de première S d'un niveau lamentable s'est presque mise à pleurer quand j'essayais de la convaincre de redoubler: "mais pourquoi me laisse-t-on le choix ?" a t elle crié.

Les professeurs peuvent être souvent déstabilisés par les questions sur l'utilité de ce qu'on enseigne. Cela peut apparaître comme une attaque direct de la part des élèves. Je pense sincèrement qu'il faut y répondre parce que notre enseignement doit contenir du sens et qu'il faut lever l'inquiétude de nos élèves. Répondre sincèrement à la question "A quoi ça sert ? ", c'est aussi un moyen de nourrir leurs motivations. J'utilise pourtant parfois une réponse que je trouve éthiquement scabreuse mais qui a le mérite de les impressionner. Je les renvois à certaines de leurs attitudes consuméristes et leur demande pourquoi on me payerais 3000 Euros par mois pour leur enseigner quelque chose qui ne sert à rien. Je gonfle en même temps mon salaire en proportion de leurs doutes. Je peux vous assurer que l'élève à qui je réponds cela ne m'a jamais plus demandé à quoi servait ce que je lui enseignais.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:41

Au début de l'année, tous les élèves passent au tableau. Après je fais une sélection. Tout le monde perd du temps avec un élève qui écrit comme une tortue. Certains ne supportent pas de parler en public. Je n'oublie pas que ce sont des adolescents souvent mal dans leur peau. Les non francophones peuvent être très mal à l'aise. Il y a les clowns qui profitent qu'ils ont un auditoire, cependant ils peuvent être aussi très efficaces pour faire comprendre des choses que je n'ai pas réussies à faire passer.

Je n'humilie jamais un élève au tableau. S'il n'a pas fait son travail, il retourne à sa place avec des points en moins sur la moyenne.

J'essaye toujours de les rassurer. Si un élève ne veut pas passer au tableau parce qu'il n'a pas réussi son exercice. Je lui demande s'il a essayé, et s'il me montre son cahier pour me le prouver, je lui dit que lui, il est plus intéressant qu'un élève qui a réussi son exercice. Je leur répète régulièrement que l'important n'est pas de trouver mais de chercher. Mais attention pour chercher il faut écrire. Il est très difficile de leur faire accepter ça. Certains flemmards essayent l'argument du "Je ne peux pas écrire n'importe quoi !", avec moi cela ne marche pas. Je prends toujours la classe à témoin.

Au tableau, je préfère un élève qui n'a pas réussi. Il montre ce qu'il ne faut pas faire et retiendra définitivement la méthode.

Très souvent un élève croit ne pas avoir réussi. Dans bien des cas, j'ai des surprises. Cela en dit parfois très long sur leur manque de confiance.

Gabriel ne veut pas passer au tableau, il pense qu'il s'est trompé sur un exercice sur les coordonnées de vecteurs. Il finit pourtant par passer au tableau et fait son exercice correctement avec une méthode que je n'avais pas préconisée au cours précédent mais avec une méthode utilisée le mois d'avant. Il n'arrêtait pas de se dévaloriser en écrivant l'exercice au tableau. "mais non c'est pas ça!…Je n'utilise pas la bonne méthode…Je me suis trompé"

Je remercie l'élève à la fin. . Je mets des points en plus, que l'exercice soit réussi ou non.

Je laisse l'exercice se terminer entièrement même et surtout s'il y des erreurs. Nous corrigeons avec la classe l'exercice.

Un inspecteur qui était présent le jour où un élève passait au tableau sur un exercice de factorisation avait rempli son cahier de note parce que l'élève faisait de nombreuses erreurs que je ne corrigeais pas. Quand j'ai corrigé les erreurs avec la classe entiére, il a barré toutes ses notes.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:41

Mon premier combat contre le bavardage consistait à prévenir les élèves qu'ils seraient sanctionnés par une croix sur mon cahier, au bout de trois croix, ils auraient une sanction. Ce systéme était ingérable, à moins d'avoir la liste des élèves dans la tête avec une petite place pour les croix. Les bavards me demandaient combien de croix ils avaient. Je ne savais jamais à qui donner les croix...Je devais retourner à mon bureau toutes les cinq minutes...Finalement j'étais tellement concentré sur les croix que je n'avais plus d'accroche pédagogique avec la classe.

Maintenant si je suis fatigué du bavardage, je les préviens que le premier à qui je fais une remarque, je le mets à la porte. Je me prépare psychologiquement car il faut absolument le faire, quitte à renvoyer un élève qui n'est pas la source principale du bruit. Si l'élève que je renvois est un récidiviste notoire, je lui demande de me recopier deux ou trois pages du livre du chapitre en cours, attention je ne lui annonce la sanction qu'au moment où il dépasse la porte de la salle sans lui dire qu'il est récidiviste. Si l'élève n'est qu'un brave garçon qui a été surpris au mauvais moment, le fait d'être renvoyer suffit largement, c'est souvent même trés efficace pour l'ambiance de la classe car ils s'aperçoivent que je peux etre intransigeant. Il m'est arrivé de renvoyer quatre élèves jusqu'à obtenir l'écoute.

Il peut être extrêmement difficile d'obtenir un silence complet. Je pense que l'on peut accepter un certain niveau de bavardages suivant certaines règles.

Le bruit peut s'arrêter en attendant et en fixant quelques élèves en particulier. Cela marche si l'on ne veut pas forcément un résultat immédiat. Cela peut durer.

J'ai toujours aimé une scène de Sister Act où Whoopie Golberg fait crisser une craie sur un tableau noir pour faire taire une classe. C'était une idée intéressante mais pas très réaliste. Les craies ne crissent pas toujours ou pas assez fort. Et si jamais je tombe sur une bonne craie crissante, cela crispe tellement les élèves que le résultat peut être pire que l'effet voulu. De plus la mode devient de plus en plus au tableau blanc. Cependant la technique de la règle ou du tampon en bois claquant sur la table est assurément très efficace. J'arrive à obtenir un bruit extrêmement fort qui plaque les élèves. Quand ils connaissent ma technique, il me suffit parfois de lever la règle pour obtenir le silence.

Une méthode simple est de s'approcher du bavard et de son voisin sans rien dire. Durant une intervention, il faut circuler calmement et se rapprocher des élèves bavards qui ne peuvent pas bavarder en ayant le professeur collé à lui.

Si je tombe sur le bavard compulsif poli qui sait s'arrêter quand vous lui faites une remarque mais qui recommence immédiatement, je continue à le regarder, cela peut être très drôle parfois. Car il essaye de continuer à parler mais retourne sans arrêt la tête parce qu'il remarque que vous ne l'avez pas lâché des yeux. Ce genre d'élève bavard compulsif doit être très vite isolé et mis au premier rang

Il est nécessaire pour la majorité des classes actuelles de faire un plan de table dés le début de l'année. Je n'hésite pas à le remanier suivant les nécessités.

Certains élèves peuvent être d'une mauvaise foi incroyable par rapport à leur bavardage. je me méfie terriblement de ces élèves là. J'ai toujours eu mes plus gros conflits avec eux. En général, je les déplace très vite sans faire remarquer que je les déplace pour bavardages. Je suis de très mauvaises foi moi aussi et je fais déplacer pour aucune raison particulière. C'est complètement arbitraire. je dis même qu'il n'a rien fait et que c'est mon bon plaisir. Il ne peut donc pas se défendre sur le terrain de l'injustice et ne peut appeler ces camarades à témoins. J'utilise seulement le pouvoir régalien de placer les élèves où bon me semble dans la classe, ce que tout élève normal accepte.

Une seule fois un élève a insisté pour savoir ce qu'il avait fait et refusait de se déplacer jusqu'à ce que je lui demande de sortir. Mais c'était un cas très particulier (absentéiste, niveau extrêmement faible et pas de travail). La majorité de la classe était aussi incrédule que moi devant l'attitude de ce garçon. Aurais je eu le même résultat si j'avais fait état d'un bavardage quelconque ?

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:40

N'oubliez pas d'allumer la lumiére.

          Un collégue se plaignait du manque d'attention de ses élèves. Je passe un jour devant sa classe alors que la porte était ouverte. La lumiére était eteinte, c'est à peine si je distinguais les élèves. Je lui en ai fait la remarque. Elle s'exclamait d'enthousiasme chaque fois qu'elle me voyait. Elle découvrait que ses élèves pouvaient s'intéresser à son cours.

En générale, surtout pour des classes turbulentes, je demande aux élèves d'attendre dans le couloir que j'ai préparé mes affaires et inspecté l'état de la salle.

je peux être près de la porte et les faire rentrer un par un en leur demandant de s'installer un par table, même s'il n'y a pas assez de tables pour toute la classe, quand il y a grossièrement le même nombre d'élèves que de tables dans la salle, je bloque les autres dans le couloir en attendant que ceux qui sont à l'intérieur de la salle respectent la consigne. Ils doivent impérativement suivre cette consigne. Ensuite je laisse les autres se placer eux même ou je leur indique leur place. Cette méthode permet de faire mon premier plan de table. Je l'utilise aussi pour les devoirs en temps limité

Parfois je me met au milieu de la salle et j'impose alors que les rangées du fond ne soient pas remplies. Je n'essaye jamais d'empêcher le remplissage des rangées du fond en restant à mon bureau, c'est l'échec à chaque fois. Vous devrez presque toujours faire déplacer un ou plusieurs élèves récalcitrants.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:39

C'est le plus dur. Certains élèves ne travaillent jamais chez eux. Mais le plus important c'est de cerner très rapidement le niveau global de ma classe à l'aide d'un QCM ou d'un devoir dés la première semaine. Si je ne cerne pas rapidement le niveau je courre très vite à de gros problèmes surtout si la classe est faible.

A l'aide de ma première évaluation, je rabaisse encore un peu mon niveau d'exigence. Les élèves ne me ressemblent pas, ils ne seront que très rarement fascinés par mes connaissances ou mes capacités. Mais si déjà ils remarquent que je me suis adaptés à eux, ils s'adapteront à moi. Je peux alors augmenter mon niveau d'exigence. Je suis, en générale, "pessimiste" sur leur niveau , on a alors que de bonnes surprises.

Une année je suis tombé sur une classe qui ne travaillait plus du tout; que ce soit en classe ou à la maison. Ils se foutaient de tout. Je leur dit, un jour où je vois que rien ne marchait, que je reportais le prochain contrôle. La plupart des classes réagissent très positivement à ce genre de déclaration mais pour cette classe j'ai fait un bide. J'ai donc mis en place un système très simple, je donnais un exercice pour le cours suivant et il fallait me le donner pour pouvoir rentrer en cours. je vérifiais grossièrement et je les laissais rentrer. Parfois je rendais les copies dans la minute ou je les gardais pour le corriger ou encore je ne gardais que quelques copie (Je me méfie cependant toujours de l'inégalité de traitement qu'ils assimilent très vite à une injustice). Je refusais tous ceux qui n'avait rien fait. Je refusais aussi ceux qui n'avaient pas leur livre. Je n'accepte aucune négociation sur ce genre de règle, vous perdrez à coup sur. Ils ont toujours de bonnes excuses. Au bout d'une semaine de ce sévère régime, ils ont fini par ce mettre au travail, du moins en classe.

 

Un élève ne fait rien ou dort, je n'interviens pas toujours, chacun à des jours avec ou des jours sans. Cependant vous pouvez lui faire la remarque à la fin du cours. J'ai parfois eu des grosses surprises par la suite. Ils ont remarqué qu'on s'intéressait à eux et parfois veulent montrer qu'ils sont capables. Il peut m'arriver de faire une remarque pendant un cours mais il faut être délicat car c'est souvent dans ces moments là qu'éclatent les conflits

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Un vieux professeur

Conseils, trucs et astuces pour professeurs débutants

  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

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