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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:38

Le plus dur c'est de ne pas s'énerver:

Les renvois:

Les renvois sont parfois nécessaires. Il faut se débarrasser des géneurs, pour le bien de la classe et pour le leur. Il ne faut jamais s'énerver ni crier. Vous risquez d'être grossier ou violent et la situation peut devenir intenable.

                Un élève à qui j'avais demandé de partir, s'appréte à ranger ses affaires et en même temps à des velléités de négocier son renvoi. Enervé je lui dis "casse-toi!!". Il s'est rassit et à refuser de partir.

Je donne souvent une sanction trés simple mais lourde: recopier deux ou trois pages du livre. Je n'annonce la sanction qu'au moment où l'élève a passé la porte.

On n'hésite souvent à renvoyer un élève alors qu'il reste cinq minutes de cours. C'est pour cela qu'il faut absolument mettre un travail désagréable en plus du renvoi.

La vengeance classique de l'élève renvoyé est de devenir d'une lenteur extréme, à sortir et à ranger ses affaires. Je l'ignore et continue mon cours comme si de rien n'était. Je cherche encore une parade efficace.

L'élève qui refuse de sortir de la classe:

Une élève rentre en cours s'assoit et jette des papiers qui se trouvaient sur sa table. Je lui demande de les ramasser. elle refuse. je lui redemande plusieurs fois puis faute d'arguments je lui demande de sortir. elle refuse. Je lui demande plusieurs fois et elle refuse toujours. Je prends alors son sac et le met dans le couloir. Elle est allée le chercher dans le couloir en courant. Elle ne pouvait plus se permettre de rentrer dans la classe.

Je n'est pas eu l'occasion d'utiliser ce stratagème avec un garçon mais je doute que cela soit aussi efficace. Je pense que l'on risquerait une réaction violente.

La seule fois où je me suis confronté à un garçon qui refusait d'être renvoyé, il n'avait pas de sac. J'ai dû employer une autre méthode mais cela n'a pas fonctionné. Je voulais lui prouver qu'il rentrait dans un match qu'il perdrait à coup sûr. Il l'a très mal pris car il pensait que j'essayais de le ridiculiser; heureusement qu'une collègue passait et qu'elle a pu prévenir un surveillant.

 

Remarquez qu'il faut d'abord ouvrir la porte en grand quand un conflit éclate.

Le téléphone portable est devenu un outil précieux.

Une après midi où une classe attendait un professeur absent ou en retard et qui devenait vraiment insupportable dans le couloir, cela faisait déjà plusieurs fois que je leur demandais de se calmer, j'ai pris mon portable et demandé qu'on envoie des surveillants. Je n'ai pas encore eu l'occasion de l'utiliser avec un élève qui refuse de sortir mais je sens que cela va sûrement m'arriver un jour.

Je suis pour les sanctions à bon escient. Ils n'attendent parfois que ça. Il ne faut pas croire qu'ils vous détesteront après. C'est d'ailleurs souvent le contraire. Mais il faut vérifier attentivement que la sanction a été faite sinon cela ne peut que s'empirer.

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Published by Courtois jerome - dans conseils
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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:20

Un inspecteur m'a dit une fois : "Les élèves c'est comme les vaches, il faut parfois les changer de pré"

Les élèves adorent toucher un clavier d'ordinateur. Il est parfois impressionnant d'entendre des élèves vous dire "c'est trop facile" sur un exercice fait à l'écran alors que vous suiez sang et eau pour leur expliquer la même chose au tableau

Savez vous que la majorité des élèves tiennent plutôt bien leur cahier et écrivent proprement et correctement ? Je dis bien la majorité, pas tous. C'est une bonne chose, bien sur, mais cela peut surtout être une source d'angoisse terrifiante. Ils bannissent l'erreur de leur cahier et de leur copie. J'interdis donc, le blanc, l'effaceur et le crayon noir quand ils font leurs exercices. Ils doivent barrer proprement. L'erreur est un coffre piégé qui ne faut pas ouvrir une seconde fois. Il faut donc inscrire dessus "ATTENTION DANGER !!"

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Published by Courtois jerome - dans pedagogie
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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:13

Si j'ai un cours après le sport, je ne fait jamais de devoir. Ils dorment ou sont agités comme des puces, dans tout les cas, le devoir sera presque sûrement une catastrophe.

J'essaye de ne jamais mettre de devoir sur table à la rentrée des vacances, c'est toujours ou presque un échec.

Reporter un devoir:

je ne dit pas systématiquement non. Il peut y avoir de véritable raison.
  • Si j'ai oublié qu'ils avaient EPS avant j'accepte.
  •  
  • Quand une classe me demande de reporter parce qu'il n'ont pas bien compris le chapitre, par expérience j'ai remarqué que c'était vrai. De toute façon, je suis presque sûr qu'ils se mettent dans l'état d'esprit d'échouer.
  • En général, mais cela dépend de la classe, de mon état d'avancement et des possibilités je refuse de reporter un devoir parce qu'ils ont un autre devoir dans une autre matière.
  •  
  • Sachez que cela peut être très utile pour vous mettre bien avec une classe difficile. Il m'arrive même de prévoir à l'avance une demande de report ou même de le proposer. Mais attention si vous le faites systématiquement vous obtiendrez le contraire.
  •  
  • Je ne reporte jamais un devoir les veilles de vacances.

Le copiage:

Ma première année d'enseignement je suis tombé sur une élève d'assez bon niveau mais copieuse, je ne l'ai jamais remarqué durant les devoirs mais toujours en comparant avec la copie de sa voisine. Je l'ai donc collé une heure. La mère ne l'a pas accepté et j'ai eu une séance avec elle qui fut très pénible. L'élève a recommencée plusieurs fois et à chaque fois il y avait une crise.

Quand vous accusez des élèves de tricheries en vous fondant sur les copies, attendez vous toujours à une discussion désagréable. J'ai donc décidé d'arrêter toutes agressions sur le copiage, de toute façon la tricheries au niveau du lycée ne leur sert que très rarement. Il fallait donc que je trouve une méthode efficace et qui satisfasse tout le monde. Et surtout moi !!!

Voici donc ma méthode. Je préviens avant les contrôles que je ne ferai aucunes remarques si je détecte des copieurs, mais je sacquerai les deux élèves fautifs. Attention je ne leur en dit pas plus.

Si je trouve deux copies identiques de deux voisins, je sacque les copies, il y a toujours de très bons arguments pour mettre une mauvaise note, et surtout je met exactement les même remarques et les même notes sur les deux copies. C'est parfois absurde mais cela peut devenir très amusant. En général si les élèves sont moyens voir mauvais, ils ne le remarquent pas ou n'interviennent pas, je ne peux pas savoir. En rendant les copies à la classe, je fait un petit commentaires sur le fait qu'ils existent des copieurs dans cette classe que j'ai tout naturellement saqués, histoire de culpabiliser les élèves concernés. Cela devient intéressant quand les élèves remarquent qu'ils ont été saqués.

      Deux copieurs sont venus une fois me voir pour me dire qu'ils n'avaient pas copié. cela donnait grossièrement le dialogue suivant:

    • Monsieur, on venait vous dire qu'on avait pas copié
    • Qui vous a dit ça ?
    • Ben.. C'est vous monsieur, vous avez écrit la même chose sur les deux copies
    • Vous m'étonnez.
    • Mais si regardez.
    • Alors là, c'est vraiment incroyable.
    • Mais on a pas copié
    • Je n'ai jamais dit cela.
    • Mais…

        Ce fut très difficile de ne pas rire.

Voici un autre cas un peu particulier mais extrêmement rare.

Une collègue a eu un problème avec un élève qui, semble-t-il n'avait pas rendu sa copie, malheureusement elle ne s'en est rendue compte qu'en rentrant chez elle. L'élève en question est connu comme le loup blanc et cette collègue n'était pas du genre à perdre une copie. Elle s'est dit que l'élève était absent ce jour là, elle ne l'a pas remarqué et a oublié de le noter absent. Dans ce genre de situation je rends les copies sans faire remarquer que je n'ai pas la copie en question. Je n'ai jamais eu de remarques. Mais malheureusement pas ma collègue, le jour du rendu des copies, l'élève est arrivé en demandant sa copie qu'elle n'avait évidemment pas. Elle lui a donc dit qu'elle l'avait corrigé et qu'elle devait être quelque part chez elle. Le lendemain l'élève revient à l'attaque en réclamant sa copie. Ma collègue lui dit alors qu'elle ne l'avait pas retrouvé mais qu'elle avait inscrit sa note sur son ordinateur et qu'il avait 5 sur 20. L'élève lui dit alors:" Ce n'est pas possible….", avec un air de celui qui s'est fait roulé dans la farine. Il lui a réclamé quelques fois sa copie mais cela semblait plus pour la forme.

Si cela arrive, je peux aussi rendre les copies en retard. Ils peuvent oublier. Ou les rendre quand l'élève en question n'est pas là. Les absences font souvent partie du quotidien de ce type d'élève roublard.

Quand ils se sentent en danger, la mauvaise foi est l'arme des élèves qui fait le plus de ravage chez les professeurs. Certain élèves sont tellement grossiers dans leur mauvaise foi que je les soupçonne de croire ce qu'ils disent. Je n'ai pas trouvé d'autre moyen que d'être d'encore de plus mauvaise foi qu'eux pour retourner la situation à mon avantage et de les placer face à leurs contradictions. Essayez d'être autoritaire, les renforce dans leur conviction d'être dans leur bon droit, surtout s'il détecte la moindre pointe de doute chez le professeur.

La surveillance:

Si il y a un truc vraiment chiant c'est vraiment ça

Sachez que si jamais vous commencez à répondre aux questions des élèves pendant un devoir vous risquez de passer votre temps à le faire. Je suis parfois trop bon et je ne peux pas m'empêcher de les aider un petit peu mais c'est assurément une très mauvaise méthode car je n'aimerai pas qu'ils aient un sentiment d'injustice alors je réponds, dans la mesure du possible, à toutes les questions et cela devient parfois infernale.

Quand je suis de mauvaise humeur, je leur dit qu'ils ont dix minutes pour répondre aux questions. Quand les dix minutes sont passés j' écris au tableau "PLUS DE QUESTIONS" et je m'assois. Assurément, il y aura toujours un élève qui ne comprend pas la consigne et veut absolument poser une question. Il me suffit de montrer le tableau. On se demande parfois si certains savent lire. Très souvent "Combien de temps nous restent-ils ?" ou "Quel jour sommes nous ?" ne sont pas des questions.

Méfiez vous de l'échange de matériel entre élève, cela peut devenir une source de désordre innommable. J'interdis tout échange de quoi que ce soit. Je leur dit bien que cela n'est pas pour la tricherie mais pour ne pas se déranger les uns les autres.

La grande injonction qu'on peut entendre c'est: "Je me suis trompé, il me faut du blanc absolument cela va être sale". Je leur répond "barrez". Ils répondent "Mais cela va être sale". Je leur réponds "non c'est le blanc qui est sale, barrez"

Pour certaines classes agitées, je suis plus radical et je mets des points en moins pour les retournements, les petits mots, les bavardages et surtout l'échange de matériel qui est proscrit. Je faits très attention à respecter scrupuleusement cette règle sinon cela recommence au devoir suivant. Si j'ai des scrupules à enlever des points à un élève déjà faible, je remonte la note de la quantité que je dois enlevé. Si vous faites croire à un élève qu'il est passé de 10 à 8 à cause de son comportement pendant un devoir surveillé, je peux vous assurer qu'il ne mouftera pas au suivant.

La correction

Je ne met jamais le détail des points par question, uniquement par exercice. Sinon cela peut devenir une source de discussion sans intérêt. J'avoue que l'aspect pédagogique est limité mais j'essaye de détailler dans la mesure du possible les remarques sur la copie. Je n'ai jamais eu de problème de "note injuste" avec ce système. C'est paradoxal car cela ouvre beaucoup plus d'arbitraire dans la notation.

De toute façon, je me laisse le droit de mettre la note que je veux suivant l'élève.

Il y a des barrières psychologiques non négligeables. On peut grossièrement appliquer les règles suivantes mais chaque élève peut avoir une échelle différente. Il faut donc l'adapter au caractère de l'élève.

 

Entre 0 et 5 Vous êtes nul

Entre 5,5 et 7,5 Vous n'êtes pas bon

entre 8 et 9 Vous n'êtes pas bon mais il y a de l'espoir

9.5 Si vous aviez travaillé un peu plus vous auriez la moyenne

10 Vous avez la moyenne mais vous pouvez basculer de n'importe quel coté

10.5 Si vous aviez travaillé un peu plus vous seriez un bon.

Entre 11 et 13.5 Vous êtes bon

14 ou 14.5 Vous êtes très bon

Plus de 15 Vous êtes excellent

J'aime beaucoup la puissance symbolique du 8,5 du 9,5 et du 10,5. Je peux mettre aussi des quarts de point pour renforcer mon discours. Imaginez l'impact d'un 9,75 sur un élève moyen orgueilleux ou d'un 10,75 sur un bon élève. J'utilise plus rarement le 9,25 ou le 10,25 qui ont le même effet qu'un 9 ou un 10. Donnez un 9,75 ou un 10,75, vous avez toutes les chances pour que l'élève viennent vous voir pour qu'on arrondisse leur note. Pourtant mathématiquement 0,25 points ne peuvent pas réellement influer sur la moyenne finale mais psychologiquement c'est énorme. Vous comprendrez après pourquoi les prix sont toujours de l'ordre du 9 Euros.

Vous aurez compris que je ne crois pas au caractère objectif d'une note. Pourtant la plupart des gens pensent que la notation des copies de mathématiques serait la plus objective de toutes les disciplines.

Je ne corrige presque jamais un devoir en cours. ils ont toujours une correction polycopiée à la sortie du devoir. Essayez de corriger un long devoir en cours, cela s'appelle une partie de non plaisir pour le professeur et les élèves. Si je n'ai pas de polycopié, je corrige par petit bout mais j'ai remarqué que c'était rarement aussi efficace que le polycopié à la sortie du devoir sur table.

Je rends les copies le plus rapidement possible. Je n'appréciais pas que mes professeurs mettent un mois pour me rendre ma copie. Je ne crois pas que de ce coté là, les élèves de maintenant soient différent des élèves d'avant.

Les appréciations:

Je suis un peu flemmard sur cette aspect là. Je n'y ai jamais réfléchis sérieusement. C'est un gros défaut.

Surtout je ne mets jamais d'appréciation désobligeante. Je l'ai fait une fois sans m'en rendre compte, c'était un acte manqué car je n'appréciais pas l'élève en question. Ce fut le cauchemar.

Le rendu des copies:

Il y a longtemps que j'ai abandonné le rendu de copie en début de cours, ce qui serait plus pratique pour gérer le temps. Chaque fois que j'ai voulu revenir à un rendu en début de cours, un conflit désagréable a éclaté, pas forcément sur le premier devoir ou le deuxième ou le troisième…mais c'est toujours arrivé.. Ce sont les pires conflits que j'ai pu avoir, à chaque fois ils ont gâché ma relation avec la classe. Il m'arrive d'y revenir vers le mois de mai quand je suis sûr de la confiance que j'ai instauré.

En début d'année, les élèves sont sur la défensive et en début de cours ils sont en état d'excitation, surtout si vous leur rendez une copie avec une note. Ils veulent de toute façon tout, tout de suite, parfois rien ne peut les arrêter. Le cours commence, ils continuent à lire leur copie et il est difficile de leur faire rentrer leur papier. Si jamais un élève n'est pas content, il est acteur face à l'auditoire de ses camarades, il faut donc qu'il assure. C'est là que tout peut dégénérer.

Le rendu en fin de cours crève dans l'œuf la plupart de ces potentiels conflits. Et s'il y a conflit, il ne déborde pas sur le temps du cours ni sur la classe car c'est un tête à tête où le pouvoir m'appartient entièrement. Ils ne joueront jamais au coq à ce moment là. Je ne me rappelle d'ailleurs pas avoir eu de véritable conflit depuis que j'utilise le rendu en fin de cours.

Pour certaines classes je ne dis même pas que j'ai les copies car les élèves peuvent être insistant et vous pouvez perdre un temps précieux en "Mais m'sieur…On pourra pas travailler…on va penser qu'à ça…etc.". S'ils me demandent si j'ai les copies je dit "Non!". Je gagne sur deux tableaux quand je rends leur travail. Je n'ai pas perdu de temps d'explications ou de négociations sur le fait que je rendrais les copies plus tard et ils sont impressionnés; je ne suis pas sur de vraiment comprendre pourquoi.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:10
C'est la classe agitée tout le temps, pas forcément méchante mais c'est la classe presque impossible à maîtriser, bavards, rigolard, aucun travail à la maison et vraiment pas grand chose en classe. c'est souvent des classes de type STT qui n'aiment pas les mathématiques dont les élèves n'étaient pas acceptés autre part. En général, ils vous disent même que ce n'est pas si mal et que c'était pire quand ils étaient au collège. Si vous voulez qu'ils apprennent quelque chose, il faut s'armer de courage et d'une bonne dose de patience. On peut mettre beaucoup de temps avant de remarquer que la classe n'est pas normale.
  • Dans ce genre de classe les engueulades et les cries sont strictement inefficaces. Ils rigolent.
  • Le plan de classe ne sert à rien, ils se hurlent dessus d'un bout à l'autre de la classe.
  • Les renvois ne servent à rien, c'est le concours de celui qui est le premier viré.
Je passe très vite à la sanction sévère. la grosse colle à un moment qui les ennuis un maximum. Mais attention il faut tout faire pour que la colle soit effectivement faite. Si l'administration est efficace, en générale pas de problème, mais je vérifie que la colle a été faite, si ce n'est pas le cas, je refuse l'élève et on en remet une couche. J'ai déjà refusé un élève pendant un mois. Il m'est arrivé de surveiller moi même des colles. Vous allez me dire que ce n'est pas mon travail, mais si vous ne voulez pas finir à La Verrière, il faut un petit sacrifice.
En début de carrière je détestais sanctionner les élèves par des colles. Mais il fallait bien que je m'en sorte avec des classes hyper agitées. Une année, je suis tombé sur une classe de Terminal STT ACC infernale. La première chose qu'il faut se dire c'est qu'ils n'ont rien retenu des années antérieures. Je recommence donc à la base, par exemple je leur réapprenais à tracer des droites. De plus, ils ne savaient pas prendre un cours correctement donc je leur faisait des polycopiés que je commentais et je le les mettais le plus rapidement en activité . Mes interventions ne devaient pas dépasser la minute. Mais ce n'etait parfois pas toujours suffisant. J'avais donc décidé de leur faire un cours en entrecoupant mes interventions de petites anecdotes ou de phrases toutes faites, par exemple comme cela:
 
-Voici la formule de dérivation de f(x) = mx+p qui est f ' (x) = m.
Savez vous que les premiers découvreurs du calcul de dérivabilité sont Newton et Liebniz. Ils ont découvert ce phénomène en même temps mais l'un en Angleterre et l'autre en Allemagne sans jamais se rencontrer ou presque.
Maintenant faites moi les exercices qui suivent sur le polycopié.
(Je vérifie aussi qu'ils ont bien compris de quels exercices je parle)
Voici maintenant la formule de dérivation de f(x) = xn qui est f '(x) = nxn–1
Cela me fait penser qu'il faudrait trouver un jour si cette histoire de pomme était véridique.
Vous pouvez maintenant vous mettre au travail et faire les exercices en rapport avec cette formule
Vous avez terminé, on passe à la formule suivante: (u+v)' = u'+v' faites moi les exercices d'en dessous
  • Mais monsieur c'est facile, il suffisait d'y penser.
  • D'accord mais connaissez vous l'histoire de l'œuf de Christophe Colomb…

 

Et je continuais comme cela jusqu'à la fin du cours. J'ai du mal à vraiment me rappeler comment se passait le cours parce que j'improvisais beaucoup par rapport aux réactions des élèves. C'est assez épuisant mais cela marche et les élèves vous adorent. Malheureusement, ils restaient insupportables avec les autres collègues. Vous voyez le problème. Et puis, je ne peux pas dire qu'ils restaient calmes avec moi; même s'ils m'estimaient. Je pense qu'ils m'aimaient plus que les autres professeurs mais ils pouvaient aussi être insupportable avec moi. L'année fut plutôt difficile avec cette classe. Je serais plus radical maintenant. Disons que maintenant j'utilise un mixte entre le conteur et la sévérité.
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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:08

Je vérifie tout le temps les emplois du temps de mes classes pour voir si je peux anticiper leurs réactions durant mon cours.

Si j'ai un cours en fin de journée, je me prépare à des moments difficiles. Récemment j'ai innové la séance de relaxation. Cela marche mais je pense qu'il faut que je me rode sur cet exercice. J'avais déjà la confiance de la classe et j'ai réussi une petite séance de repos et de silence. Je n'ai osé cela que récemment parce qu'il faut vraiment être sur de soi pour imposer cela à une classe dont la majorité vit dans des cités où la télévision et le bruit sont omniprésents. Il ne faut pas hésiter à perdre 15 minutes de cours en repos pour en avoir 40 efficaces.

Si j'ai un cours après le sport, je ne fait jamais de devoir. Ils dorment ou sont agités comme des puces, dans tout les cas, le devoir sera presque sûrement une catastrophe.

Une année, j'ai eu un cours de 12h à 13h avec une classe sympathique mais agitée. Là, j'ai opté pour le devoir systématique toute les semaines. C'est assez efficace mais il faut avoir de la matière. Et puis le collègue d'anglais de l'heure d'avant en avait marre qu'ils préparent leur devoir de maths durant son cours. Ils n'ont pas tous eu le bac mais ce n'était sûrement pas à cause des maths qu'ils échouèrent.

J'essaye d'entrecouper mon cours de quelques histoires, anecdotes, histoire des maths ou d'autres choses plus ludiques. Parfois je laisse l'événement arriver de lui même.

Une fois j'ai surpris un élève entrain de lire un texte en se bidonnant. je lui prend la feuille. C'était vraiment très drôle et les élèves me demandèrent de le lire, ce que j'ai fait. On s'est bien marré et le travail a repris

Il m'est arrivé une année de basculer une heure de 16h à 17h le lundi sur le mardi de 8h à 9h alors que je n'avais pas de cours ce jour là. Il faut faire un choix: vous avez la journée du mardi pour vous mais vous pétez les plomb tous les lundi soir et vous passez la journée du mardi à vous en remettre ou vous faites ce petit sacrifice et l'année se passe le mieux possible. Si en plus, les élèves se rendent compte que vous avez fait ce sacrifice pour eux, vous recevrez une quantité impressionnante de gâteaux le jour de Laïd

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:07

Je déteste les sorties avec les élèves. je n'en fait jamais. J'ai une très bonne excuse. Je suis prof de maths.

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Published by Courtois jerome
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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:07

L'idéal ce sont les cours entre 9h et 11h30 en semaine. Vous avez le maximum d'attention du maximum d'élèves

Entre 8h et 9h, beaucoup sont apathiques

Entre 11h30 et 13h, ils ont faim et sont souvent énervés

Entre 13h et 15h, ils digèrent et sont très peu efficaces

Après 15h, ils sont énervés de la journée

Je ne parle même pas des intersections avec les horaires avancées précédemment qui peuvent donner des mélanges explosifs

Le samedi, ils dorment. C'est le jour idéal pour le calme et la sérénité mais pas toujours efficace au niveau du travail.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 21:51

Pour les classes à 3 heures ou plus

Je me débrouille pour faire au moins quatre devoirs par trimestre. Il y a un Joker. Tous les élèves doivent avoir trois notes. Le Joker est utilisé en cas d'absence ou de mauvaise note. Je leur dis clairement qu'ils auront un zéro en cas d'absence à deux devoirs. Pour éviter ce zéro, ils doivent m'apporter des justifications d'absence pour les deux devoirs et je ne viendrais pas les chercher. Il n'est arrivé qu'une seule fois qu'un élève soit absent à deux devoirs sur les quatre. J'ai mis ce zéro et l'élève ne m'a fait aucune remarque..

Si je ne peux vraiment pas faire les quatre devoirs mais seulement trois. Ils ont un demi joker (Un devoir dont le coefficient est moitié des autres) ou je mets un joker sur les trois si le niveau des devoirs est équivalent.

Malheureusement vous avez toujours le bon élève qui ne travaillera pas pour le dernier devoir du trimestre. Toutes les règles peuvent être détournées.

Pour les classes à 2 heures

Je fais deux devoirs par trimestre. En cas d'absence j'essaye de faire une évaluation subjective du niveau de l'élève mais je ne mets pas plus que 13. Ils ne s'en sont jamais plaint.

L'évaluation subjective est plus facile dans ce type de classe car les exigence ne sont pas monstrueuses. En général, l'élève mauvais est celui qui ne fait rien du tout, absolument rien du tout.

 

Pour le bulletin, je fais une moyenne classique que j'ajuste suivant le travail et le comportement de l'élève. J'utilise beaucoup les barrières psychologiques: 7,5 8,5 9,5 9,5 10,5 14,5

J'essaye de mettre un peu d'humour sur les bulletins, histoire d'égayer un peu le conseil de classe.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 21:49

Dans le métier d'enseignant, il y a des trucs et des astuces qui permettent de mieux comprendre et de mieux aborder les élèves. On parle beaucoup de pédagogie, d'approche didactique ou d'approche disciplinaire. Oui il y a de tout ça mais il y a aussi des astuces qui permettent de faire passer des choses avec plus de facilités. J'ai mis du temps à le comprendre. Peut être y a t il un orgueil ou un snobisme à ne pas utiliser les mots "trucs ou astuces". je n'en sais rien. Maintenant quand j'ai une difficulté dans une classe, je ne cherche plus à résoudre le problème mais je cherche une astuce qui pourrait résoudre le problème. Souvent quand on se retrouve en difficultés avec un ou des élèves, on cherche à dominer le problème de fond et à le transformer pour tenter d'améliorer la situation, à priori on cherche à améliorer l'élève. On serait en droit d'attendre de la reconnaissance. Mais n'est ce pas chercher la domination sur l'élève ? Ils peuvent ne pas l'accepter. Vous rentrez immédiatement dans l'exercice d'un pouvoir sur l'esprit. Mais tout change si vous ne chercher pas à améliorer le fond mais à donner une forme à votre discours ou à vos exigences qui donne les moyens à l'adolescent de s'améliorer par lui-même.

Un élève est plutôt à l'aise en travaux dirigés pour faire des exercices, malheureusement il n'arrive pas à dépasser une moyenne de 5, ce qui veut dire une incapacité presque complète à aborder les notions les plus simples. Cela me paraît presque incompréhensible. C'est un élève qui peut même aider certains de ses camarades pendant une séance d'exercices. Il est donc dans une angoisse paralysante pendant les devoirs surveillés. Je vais essayer un truc. Je vais apporter quatre ou cinq bandes dessinées pour le prochain devoir surveillé. Je propose à ceux qui ont une crise d'angoisse d'emprunter une bande dessinée pour un maximum de 10 mn. Ils n'ont le droit de l'emprunter qu'une fois. Ils ne peuvent pas l'emprunter durant la dernière demi-heure. On verra bien.

J'insiste bien sur le fait que ces astuces sont des cadres, on doit donc les normés et les qualifiés. On cherche un protocole puis on valide ce protocole puis on fait l'expérience. On invente une astuce, on cherche ses limites, ses possibilités d'applications, les règles qui l'encadrent puis on l'applique. Parfois c'est la catastrophe parfois c'est extrêmement efficace parfois il faut revoir le protocole parfois il faut abandonner cette idée et en chercher une autre.

La plupart des élèves essayent de toujours de répondre à toutes les questions d'un devoir en temps limité. Malheureusement, dans les matières scientifiques, au lycée, ce n'est pas la bonne méthode. Il faut prendre le temps de la réflexion et de la vérification quitte à ne pas tout faire. C'est très difficile de faire comprendre cela. Je cherche un truc pour le prochain devoir. Il y a cinq exercices. Si les élèves ne rendent que trois exercices, une note en dessous de 10 ne sera pas comptée dans la moyenne finale. S'ils font plus de trois exercices la note comptera dans tous les cas. C'est un échec. Il y a ceux qui continuent à essayer de tout faire. Il y a ceux qui essayent de tout faire et qui ne me rendent que trois exercices. Il y a ceux qui ne font que trois exercices mais qui ne font plus rien (peu de réflexion, pas de relecture, ni de vérification) arrivé au deux tiers du temps et il y a toujours les mauvais.

Vous me direz, cela me paraît évident que cela se passerait comme cela. Et pourquoi donc ? Pensez à l'œuf de Christophe Colomb. Méfions-nous de ces évidences qu'on n'apprend qu'à posteriori. A moins d'être très pessimiste sur les aptitudes des élèves…donc n'essayons rien.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 21:48

C'est l'histoire que j'adore raconter aux élèves.

L’œuf, ça a l’air tout simple, mais il y a beaucoup à en dire. C’est l’histoire de l’œuf de Colomb, telle que la rapporte la légende. Le grand navigateur, de retour chez lui après avoir découvert l’Amérique, dînait chez un grand d’Espagne. Autour de la table, il entendit quelqu’un murmurer que son exploit était en réalité à la portée de tous. Il se fit alors apporter un œuf et défia tous ceux qui étaient autour de la table de le faire tenir debout sur une extrémité. L’œuf passa de mains en mains, mais aucun des convives ne trouva la solution. Avec un petit sourire malin, Christophe Colomb reprit l’œuf et le toqua légèrement contre son assiette. L’œuf tint sans problème en équilibre. Chacun alors de s’écrier: ce n’était que ça ? Ça n’était pas bien difficile!
- Sans doute, répliqua Christophe Colomb avec un petit sourire ironique. Mais fallait il y penser!

J'aurais rajouté…et essayé!

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Présentation

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Un vieux professeur

Conseils, trucs et astuces pour professeurs débutants

  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

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