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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:34


    Si vous ne connaissez pas LE TRUC pour les devoirs à la maison allez voir l’article « LE TRUC pour les devoirs maison ».
    En seconde, j’ai fait trois devoirs à la maison par trimestre en utilisant LE TRUC. La moyenne de la classe est de 13 sur 20. Les notes vont de 0 à 20. Je pense que c’est un outil d’évaluation et d’apprentissage très performant.

1) Le travail : il est valorisé profondément et il sanctionne douloureusement les flemmards qui ne peuvent pas se cacher derrière le « je n’ai rien compris donc je ne fais rien » ou « ce que le prof fait c’est trop dur, il nous prend pour des génies » ou « regarde je suis à peine 1 point en dessous de la moyenne »
Ce fut aussi un outil argumentatif, devant les parents, absolument imparable pour leur prouver que leur enfant ne travaillait pas...
Une collègue qui les avait en parallèle en accompagnement personnalisé m’a fait remonter quelques remarques d’élèves qui avouèrent que cela les obligeaient réellement à se mettre au travail.

2) Les capacités : les difficultés ou les facilités mathématico-logiques sont mises en évidence chez les élèves qui font correctement le travail.  Je pensais que l’angoisse du devoir sur table n’apparaîtrait pas lors de ce type d’évaluation. Je l’ai pourtant constater sur une élève qui avait de grosses difficultés quant à l’utilisation du français.

3) Les méthodes de travail : on met en évidence les façons de travailler des élèves en difficultés. Souvent ils ont un problème de recul, ils ne s’approprient pas les questionnements des exercices. Au début je pensais qu’ils se faisaient trop aider. Je cherche encore à analyser certains élèves mais il est possible que cela peut être aussi le contraire, ils ne se font pas assez aider. Certains ne vont surtout pas chercher d’aide. Parmi ceux là certains essayeront d’apprendre par cœur l’idée d’un camarade.

4) Les compétences : j’ai poussé la difficulté des devoirs assez loin, pourtant les résultats restent bon. Il y a des réflexions profondes et originales qui apparaissent et  même des idées auxquelles je ne pense pas. Cependant l’objectif de travail sur la qualité de la rédaction est partiellement perdue. C’est le reproche principal que me fait l’inspection sur cette méthode. Il faut les encourager à faire une rédaction correcte à la maison. Certains compense ce probléme en me montrant leur rédaction à la maison avant la rédaction sur table. Je pense que l’on peut aussi compenser cela en donnant plus de temps. Au dernier devoir je leur ai laissé  presque 1 heure. J’ai ramassé les copies au fur et à mesure de la finition, cela a duré finalement seulement 20 mn.

5) Le questionnement : Au début ce type d’évaluation les a tellement surpris qu’ils ne posaient pas de questions. Je pense que pour certains c’est même une réflexion et un travail très difficile qu’ils n’avait jamais abordés.  L’année prochaine, je donnerai un devoir très difficile dès le début et je les encouragerai beaucoup plus au questionnement.
Pour les pousser au questionnement je leur ai même autorisé à poser la question ultime « Comment fait on ? ».  Quand on leur dit cela, certains ont l’impression d’obtenir le Graal. Ils s’aperçoivent très vite, d'après ma réponse que cela ne les dérogera pas au travail. Je ne rédige rien au tableau. Je refuse parfois de répondre à la question. Je réponds aussi en les mettant sur des pistes et non précisément.

6)  Une brebis galeuse a pourtant contourné le système . Mes élèves ont le droit à un joker sur le trimestre. Comme cet élève était plutôt bon en devoir sur table classique, il ne travaillait pas les devoirs à la maison. Et comme mes élèves ont le droit à un joker, ce fut systématiquement sa note de devoir à la maison qui a été supprimée. Je fus donc obligé d’instaurer une nouvelle règle pour le troisième trimestre :  « La note de devoir maison ne peut pas être un joker ». On s’aperçoit que ce système de devoir maison ne motive pas forcément les bons élèves qui ne travaillent pas régulièrement. Le joker leur permettait d’échapper à cet exercice.


Les notes sont bonnes mais pas si excellentes que cela.  J’en suis encore très surpris. Il y a beaucoup d ‘élèves qui ne travaillent pas ou très peu.  Ils ont tellement peu l’habitude de travailler qu'ils n’ont même pas remarqué que leur flemmardise allait se retrouver démultiplier avec ce système et mise en relief (12 notes en dessous de 8 sur 36) . Les exercices étant plutôt difficiles, l’improvisation est pratiquement impossible et écrase encore plus leur note. A coté de cela, il y a des élèves qui en tire un avantage maximum. Et malheureusement je m’aperçois seulement maintenant après 15 ans d’enseignement qu'il y a quelques élèves vraiment en difficultés avec le travail de recherche. Pour deux élèves, cet exercice a mis en évidence une difficulté logico-mathématique que le travail ne compensait pas. C'est le point le plus délicat à aborder avec la famille.

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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 10:05

Je suis professeur de mathématiques au lycée, en région parisienne. J'ai travaillé cinq ans dans un lycée classé sensible. Maintenant j'enseigne depuis quatre ans dans un lycée qui n'a pas ce classement mais qui en a toutes les caractéristiques: public issu de milieux défavorisés et plus de 50 nationalités. on y trouve des problèmes de niveau, de travail, d'absentéisme  et quelques problèmes de violence (finalement très rares comparés à ce qui peut s'entendre). Nous combattons souvent plus la violence verbale que physique. 

Quand j'ai commencé à enseigner, j'étais stagiaire et j'avais une classe de seconde en responsabilité. Le reste du temps j'étais à l'IUFM. Un des problème qui s'est posé, c'est que la plupart des formateurs d'IUFM refusaient de nous donner des trucs ou des astuces pour améliorer notre relation avec la classe sous prétexte que chacun était différent et qu'il n'y avait pas de trucs ou de solutions miracles. Après neuf ans d'enseignement je ne comprends toujours pas cet argument. Il y a des trucs, il faut les tester et garder ceux qui nous conviennent, j'en suis maintenant persuadé. Mais j'ai perdu énormément de temps et de moral avant de m'en rendre compte.

Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les maths, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.

J'ai choisi cette année de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.

 

Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne. Son livre m'a déculpabilisé et m'a rassuré dans mes rapports avec les élèves.

 

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 21:49

Dans le métier d'enseignant, il y a des trucs et des astuces qui permettent de mieux comprendre et de mieux aborder les élèves. On parle beaucoup de pédagogie, d'approche didactique ou d'approche disciplinaire. Oui il y a de tout ça mais il y a aussi des astuces qui permettent de faire passer des choses avec plus de facilités. J'ai mis du temps à le comprendre. Peut être y a t il un orgueil ou un snobisme à ne pas utiliser les mots "trucs ou astuces". je n'en sais rien. Maintenant quand j'ai une difficulté dans une classe, je ne cherche plus à résoudre le problème mais je cherche une astuce qui pourrait résoudre le problème. Souvent quand on se retrouve en difficultés avec un ou des élèves, on cherche à dominer le problème de fond et à le transformer pour tenter d'améliorer la situation, à priori on cherche à améliorer l'élève. On serait en droit d'attendre de la reconnaissance. Mais n'est ce pas chercher la domination sur l'élève ? Ils peuvent ne pas l'accepter. Vous rentrez immédiatement dans l'exercice d'un pouvoir sur l'esprit. Mais tout change si vous ne chercher pas à améliorer le fond mais à donner une forme à votre discours ou à vos exigences qui donne les moyens à l'adolescent de s'améliorer par lui-même.

Un élève est plutôt à l'aise en travaux dirigés pour faire des exercices, malheureusement il n'arrive pas à dépasser une moyenne de 5, ce qui veut dire une incapacité presque complète à aborder les notions les plus simples. Cela me paraît presque incompréhensible. C'est un élève qui peut même aider certains de ses camarades pendant une séance d'exercices. Il est donc dans une angoisse paralysante pendant les devoirs surveillés. Je vais essayer un truc. Je vais apporter quatre ou cinq bandes dessinées pour le prochain devoir surveillé. Je propose à ceux qui ont une crise d'angoisse d'emprunter une bande dessinée pour un maximum de 10 mn. Ils n'ont le droit de l'emprunter qu'une fois. Ils ne peuvent pas l'emprunter durant la dernière demi-heure. On verra bien.

J'insiste bien sur le fait que ces astuces sont des cadres, on doit donc les normés et les qualifiés. On cherche un protocole puis on valide ce protocole puis on fait l'expérience. On invente une astuce, on cherche ses limites, ses possibilités d'applications, les règles qui l'encadrent puis on l'applique. Parfois c'est la catastrophe parfois c'est extrêmement efficace parfois il faut revoir le protocole parfois il faut abandonner cette idée et en chercher une autre.

La plupart des élèves essayent de toujours de répondre à toutes les questions d'un devoir en temps limité. Malheureusement, dans les matières scientifiques, au lycée, ce n'est pas la bonne méthode. Il faut prendre le temps de la réflexion et de la vérification quitte à ne pas tout faire. C'est très difficile de faire comprendre cela. Je cherche un truc pour le prochain devoir. Il y a cinq exercices. Si les élèves ne rendent que trois exercices, une note en dessous de 10 ne sera pas comptée dans la moyenne finale. S'ils font plus de trois exercices la note comptera dans tous les cas. C'est un échec. Il y a ceux qui continuent à essayer de tout faire. Il y a ceux qui essayent de tout faire et qui ne me rendent que trois exercices. Il y a ceux qui ne font que trois exercices mais qui ne font plus rien (peu de réflexion, pas de relecture, ni de vérification) arrivé au deux tiers du temps et il y a toujours les mauvais.

Vous me direz, cela me paraît évident que cela se passerait comme cela. Et pourquoi donc ? Pensez à l'œuf de Christophe Colomb. Méfions-nous de ces évidences qu'on n'apprend qu'à posteriori. A moins d'être très pessimiste sur les aptitudes des élèves…donc n'essayons rien.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 21:48

C'est l'histoire que j'adore raconter aux élèves.

L’œuf, ça a l’air tout simple, mais il y a beaucoup à en dire. C’est l’histoire de l’œuf de Colomb, telle que la rapporte la légende. Le grand navigateur, de retour chez lui après avoir découvert l’Amérique, dînait chez un grand d’Espagne. Autour de la table, il entendit quelqu’un murmurer que son exploit était en réalité à la portée de tous. Il se fit alors apporter un œuf et défia tous ceux qui étaient autour de la table de le faire tenir debout sur une extrémité. L’œuf passa de mains en mains, mais aucun des convives ne trouva la solution. Avec un petit sourire malin, Christophe Colomb reprit l’œuf et le toqua légèrement contre son assiette. L’œuf tint sans problème en équilibre. Chacun alors de s’écrier: ce n’était que ça ? Ça n’était pas bien difficile!
- Sans doute, répliqua Christophe Colomb avec un petit sourire ironique. Mais fallait il y penser!

J'aurais rajouté…et essayé!

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  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

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