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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 10:11
         Je ne donne jamais de sanctions collectives. Elles sont fondamentalement injustes et par voie de conséquence complètement contre-productives. Si je ne peux pas mettre de sanction aux vrais fautifs je préfère accepter mon échec et chercher une solution si jamais l’incident se reproduit. « Mieux vaut 100 coupables en liberté qu'un seul innocent en prison».  Je l’ai déjà fait une fois, je m’en veux encore.
       
          Je ne dis plus : « Qui a fait ça ? ». On n’a jamais de réponse et on se met immédiatement en défaut d’autorité. Je regarde seulement un des élèves parmi ceux que je soupçonne et je leur fais bien comprendre que la sanction tombera si jamais je « chope » celui qui recommence.
           
             Un élève parmi un groupe de quatre élèves s’exclame grossièrement au fond de la classe. Je ne sais pas qui c’est. Je regarde d’un air méchant celui qui pourrait être le fautif en leur faisant bien comprendre que je déteste ce genre d’attitude. Les autres élèves me demandent pourquoi je n’ai pas sanctionné les quatre élèves. Je leur explique que je ne donne jamais de sanctions collectives à cause de l’injustice que cela entraîne. Je vois alors…allez.. Je vais un peu me vanter…une approbation dans leurs gestes et une certaine admiration dans leurs yeux.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 12:34

       Ma punition préférée, c'est des lignes à copier. Cela vous paraît moyenâgeux ! Essayez, vous verrez, c'est très efficace. Je fais d'ailleurs des émules dans mon établissement.


Moi je donne des poèmes de Baudelaire. Certains professeurs de français ne sont pas très contents mais j'ai maintenant des élèves qui me récitent quelques vers par cœur.


Une collègue de français fait recopier des pages de dictionnaire


Un collègue de mathématiques fait recopier la déclaration des droits de l'homme.


Un collègue d'Initiation aux Sciences de l'Ingénieur a fait recopier 200 fois " Le cours d'ISI ne veut pas dire Initiation aux Sciences de l'Insultes". L'élève l'a fait, en était fière, et n'a plus été grossier en cours. Je ne suis pas vraiment d'accord avec ce type d'exercice qui n'a pas d'autre objectif que la sanction, mais chacun sa méthode.
Au moment de punir, nous n'avons pas toujours le matériel adéquat.


Cette méthode permet entre autre de ne pas s'énerver. Je lis toujours ce travail. Rapidement bien sûr. 

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 21:45

Il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme

L'autorité repose sur trois piliers:

                         La connaissance

                                 La justice

                                     La personnalisation

En l'écrivant je pense à notre fière devise. Je me permets de faire un parallèle.

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 16:28

           L'administration peut être fondamentale dans la bonne tenue d'un lycée. Il y a des proviseurs qui refusent les sanctions, les colles, les renvois ou les conseils de disciplines. Ce sont les pires. Ils pensent même aider les élèves. Ce sont encore des gens qui refusent aux adolescents le droit d'être des adolescents, c'est à dire insouciants. Ces proviseurs se cachent derrière une interprétation de la légalité et construisent un pourrissement détestable au détriment des élèves. Il faut résister profondément contre ces choix. J'insiste sur le fait qu'être adolescent, c'est une étape dans la découverte de soi-même et du monde. C'est la période des expériences extrêmes. S'il n'y a pas d'adultes pour donner et cadrer les limites, un adolescent peut s'envoyer de lui-même contre un mur au propre comme au figuré. Cessons de croire à la maturité automatique. La diminution du nombre d'adultes dans l'enceinte d'un établissement scolaire est une calamité qui pourrira l'éducation publique.

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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 21:37

             Il y a très longtemps que je n'ai pas eu de grosse crise avec l'un de mes propres élèves. Les crises les plus difficiles viennent des élèves qui traînent dans les couloirs et qui peuvent être générateur de troubles. Il faut les sanctionner sans faiblesse sinon la prochaine victime se sera moi ou mes élèves.

          En général je leur demande leur carte de lycéen et s'il refuse, ce qui est majoritairement le cas, je vérifie que j'ai bien mon portable en poche avec le n° de l'administration et je rentre psychologiquement en "mode transparent": tous les cris et toutes les insultes devront glisser sur moi sans rien accrocher. Je les enregistre pour le rapport ultérieur. De plus je passe en mode vouvoiement. Je me prépare à parler le plus doucement possible mais fermement. Je m'interdis toutes insultes et toutes remarques sur la personne qui en face de moi. Mon vocabulaire doit être simple et je n'essaie jamais d'argumenter. Je n'ai rien à prouver, je ne suis pas en discussion, j'use d'autorité. Et je commence par "Pourriez-vous me suivre chez le proviseur s'il vous plaît"

En cas de refus, je sors le portable et j'appelle l'administration pour qu'ils interviennent. Dés qu'une tierce personne arrive, je les laisse discuter entre eux, cela permet de faire retomber la tension et bien sûr de savoir qui est l'élève en question. Ensuite je vais voir l'administration pour connaître les sanctions qui ont été prises. Pour l'instant mon administration a toujours été efficace et a pris des sanctions à bon escient.

 

        Je passe dans le couloir, un élève donne un coup de pied dans la porte d'un collègue qui l'avait refusé car il avait une demi-heure de retard. Je lui demande sa carte. Il refuse. Il a fait le tour du lycée en remontant et redescendant tous les escaliers. Il pensait que j'abandonnerais la partie mais je ne l'ai pas lâché. J'avais mon portable en poche, un surveillant est arrivé. Il a été renvoyé trois jours. Plus pour les allées et venues que j'ai du subir, que pour le coup de pied.

 

       Je suis en cours. Il est 17h45, un individu entre brutalement dans ma classe, saute, pourrait-on dire, et s'excuse de s'être tromper de salle. Il ressort et j'entends deux jeunes filles gloussées. Il a donc fait le coq et a voulu faire le malin devant ses deux camarades féminins. De plus j'ai du mal à croire que c'est une heure où l'on peut se tromper de salle. Je lui demande sa carte et il refuse. "Pourriez vous me suivre chez le proviseur s'il vous plaît". Il commence à argumenter: à dire que c'était de l'abus de pouvoir, que j'étais "ouf", que j'essayais de le niquer.... Je ne réponds à rien. Je demande dans le même temps à mes élèves de ranger leurs affaires et de partir. Je lui demande seulement de me suivre. Il accepte finalement. Je le laisse en tête-à-tête avec le proviseur, toujours pour faire retomber la tension. Je le retrouve dix minutes après, il s'est finalement excusé et a été renvoyé une journée.


A chaque fois les élèves jouent sur l'inaction présumée des adultes de nos établissements. Il ne faut jamais leur laisser la possibilité de répandre leurs instincts insouciants. C'est une affaire de respect envers eux. C'est entre autre pour cela que je ne lâche jamais l'affaire. Ensuite ces élèves me sourient, me disent bonjour et se découvrent devant moi. Beaucoup d'élèves de l'établissement me connaissent et savent que je ne faiblirai pas. Les débuts d'années sont de plus en plus facile sauf avec les secondes évidemment.

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30 janvier 2007 2 30 /01 /janvier /2007 18:56

         Mon credo c'est :"Pour être respecté soyons respectueux!"

         Je ne donne jamais d'exemples négatifs qui pourraient concerner certains élèves, par exemples sur les professions.

        Je venais de voir "True lies" au cinéma, et j'ai fait une remarque désobligeante sur les vendeurs de voitures d'occasions, malheureusement le père d'un élève était vendeur de voitures d'occasions. Je me suis raccroché aux branches mais j'étais mal à l'aise.

      J'évite de prendre les élèves comme exemple sauf si je suis sûr de les valoriser.

      Les élèves m'ont raconté que pour expliquer l'expression "faux jeton", un professeur a montré un de leur camarade en disant que lui, par exemple, avait une tête de faux jeton. Ils n'ont pas apprécié.

        Je ne dis jamais, jamais, absolument jamais à un élève qu'il est nul. Mais je peux le penser extrêmement fort.

         Un élève de seconde était nullissime en début d'année (4 ou 5 de moyenne). A force d'encouragement il est passé en 1ere STI avec 16 de moyenne en fin d'année. J'ai au moins deux ou trois exemples par an de ce type.

        Je sanctionne toujours la grossièreté par quelques pages à recopier.

        Il m'est arrivé de m'emporter. Je m'excuse toujours et le plus rapidement possible.

       Un élève ne faisait pas son exercice, il affirmait que c'était trop facile. Je lui ai dit "Si c'est difficile tu ne le fais pas, si c'est facile tu ne le fais pas. A ce compte là tu vas rester puceau toute ta vie." La classe a éclaté de rire. Me rendant compte de l'énormité que je venais de proférer, je me suis excusé immédiatement. L'élève a rougit mais m'a dit que j'avais raison et s'est mis au travail.

     J'ai déjà entendu des collègues dire "Ce ne sont pas des élèves", qu'est ce qu'un élève alors ?

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 17:37

      Le vrai, le bon tricheur est un travailleur. Il mettra de l'énergie et de l'intelligence dans ses tricheries. On ne peut le confondre qu'avec beaucoup d'attention et de recherche. Ils sont très rares. Rien ne sert donc de s'angoisser sur d'éventuelles tricheries.

J'encourage à mettre des formules dans leur calculette. Ils n'ont pas le droit aux anti-sèches papiers mais l'interdiction est pour la forme car une bonne anti-sèche est un travail d'artiste.

             J'ai parfois des redoublants dans mes classes. Je donne de temps en temps des devoirs qu'ils ont déjà faits, aucun n'a jamais eu l'idée de regarder le devoir qu'il avait fait l'année précédente. Ils ne sont pas redoublants pour rien.

         Il faut empêcher le copiage et la communication pendant un devoir, mais sans stress. Le regard sur le coté ne donne que des informations parcellaires qui ne peuvent pas vraiment influencer sur le niveau de l'élève. Si je pense qu'un élève abuse beaucoup de son voisin, je le déplace ou je déplace la table sans lui faire remarquer qu'il copiait. J'utilise simplement mon bon droit. S'il essaye de crier à l'injustice, je lui fais remarquer que je ne l'ai pas accusé de quoi que ce soit, je lui ai seulement demander de se déplacer. La seule arme contre la mauvaise foi, c'est la mauvaise foi. Dans le cas d'un copiage évident et profond, qui se remarque pendant la correction, j'explique ma méthode dans le chapitre Les devoirs surveillés.

           Dans le cas d'une classe dissipée pendant un devoir, je mets des points en moins que je mettrai clairement dans la copie. Je ne m'énerve pas, je note dans mon cahier en les regardant méchamment. Dans ce type de classe, je les surveille et je les surveille uniquement. Il faut être intraitable sinon le problème se reposera au devoir suivant. Cependant, s'il est difficile d'enlever des points à un élève déjà faible, je lui rajoute des points sur le devoir. Si un élève passe de 10 à 8, en pensant que c'est à cause de son attitude, il ne mouftera pas au prochain devoir. Bien sur il ne sait pas que sa vraie note est 8. Il faut accepter que le premier devoir ne soit pas un merveilleux moment de silence.

         Une fois, j'ai enlevé 4 points à un élève, il était insupportable. C'était un élève moyen, je ne pouvais pas décemment lui mettre 9-4=5 sur 20. Je me suis débrouillé pour lui mettre 13-4 =9. Il n'était pas content mais après ce fut un ange. Sa progression fut spectaculaire.

         Une année, j'avais deux classes de Terminale Génie Électronique, une bonne et une mauvaise. Il y a un des chapitres que j'ai fait en parallèle dans les deux classes. Le mardi j'ai donné le devoir à la bonne classe et le jeudi, j'ai donné le même devoir à la mauvaise. La moyenne de la mauvaise classe était exécrable par rapport à l'autre classe. Ils ne s'étaient pas communiqués le sujet. Preuve que la triche demande de l'effort.

Qu'en pensez vous ? Que feriez vous ?

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:52

 La première chose pour avoir un ascendant, et je ne parle pas d'autorité car ce mot possède actuellement une connotation fondée sur la peur qui fonctionne très peu sur une classe. Seulement quelques enseignants au caractère très particulier et au charisme foudroyant arrivent à s'imposer par autoritarisme. L'ascendant sur une classe s'obtient d'abord en montrant que vous êtes détenteur d'un savoir que les élèves ne possèdent pas mais que vous aller partager avec eux. J'essaye donc d'être presque irréprochable sur mes connaissances, mon travail et ma pédagogie.

N'imposez jamais une règle que vous n'êtes pas capable de respecter:

Si vous ne supportez pas les retards, ne soyez pas en retard.

Si vous ne supportez pas les absences ne soyez pas absent

Si vous ne supportez pas les grossièretés ne soyez pas grossier

Si vous voulez le respect soyez respectueux.

Cela parait être des évidences mais nombre de collègues tombent dans ce défaut. Ils attendent des élèves des règles qu'ils n'appliquent pas eux même. Je suis moi même tombé dans ce travers. Et bien sur, cela peut tourner à la catastrophe.

Christophe se plaint du professeur de français qui avait traité un de ses camarades de "portos". J'avais renvoyé Christophe le mois précédent parce qu'il avait lancé "sale rital" à l'adresse d'un autre camarade. Il avait compris ma sanction. Mon collègue montrait l'exemple inverse et il n'arrivait plus à obtenir grand chose de ses élèves.

Un jour où j'étais dans un sale état dans une classe de première ES, j'ai été d'une vulgarité sans nom envers un élève qui me disait qu'il ne comprenait rien. Je n'ai jamais pu faire un cours correct avec cette classe. Il faut dire que je débutais.

Quand j'ai décidé d'imposer une règle de discipline, j'essaye d'être rigoureux, de la respecter à tous les cours, même quand je suis fatigué. Une règle ne s'impose que si elle est respectée sur le long terme. J'avoue que c'est beaucoup plus difficile qu'on ne le croit. Si vous voulez qu'une règle soit respectée, imposez la avec rigueur sans faiblesse.

J'essaye de ne pas crier ou de hurler, je sais c'est parfois impossible de s'en empêcher et aucun professeur ne peut y échapper. Mais c'est extrêmement rare que cela soit efficace. Cela ne marche qu'avec des classes d'agneaux très peu courantes sous nos latitudes éducatives ou avec une classe dont vous avez toute la confiance, ce qui ne s'acquière jamais avant une période avancée de l'année.

Je n'oublie jamais que je peux me permettre de perdre du temps sur les règles et la discipline, c'est du temps de gagner pour la suite.

Je ne refuse pas toujours un événement imprévisible.

Un jour où il faisait un soleil lumineux, un nuage est passé et il est tombé une grêle impressionnante, les élèves étaient surexcités, se levaient pour voir le spectacle. Je ne suis pas intervenu, l'évènement à durer cinq minutes et ils sont revenus au travail. Une collègue m'a dit qu'elle avait mis un quart d'heure à les calmer mais elle n'avait pas laissé l'orage passé.

J'essaye d'être à l'écoute en permanence et si j'essaye de prévoir mon discours surtout dans les situations difficiles avec un élève ou avec une classe, je me dis toujours que les situations sont presque toujours imprévisibles.

Une classe de type ES était insupportable. J'avais un jour décidé de faire preuve d'autoritarisme en préparant mon intervention dans tous les détails. Le jour où je décide de faire ça, les élèves me proposent une discussion pour résoudre le problème que nous avions. J'ai refusé. Le cours a dégénéré. Et tout la suite de l'année fut insupportable. Je n'ai jamais réussi à redresser la barre. C'est mon pire échec.

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Un vieux professeur

Conseils, trucs et astuces pour professeurs débutants

  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

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