Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:50

 

« Qu’est ce qu’une table ? »

 

Non, pas une table de multiplication, le problème n’est pas là. Qu’est ce qu’une table ?  Une bête table, celle que vous avez dans votre salon. La question vous paraît idiote, essayez d’y répondre. Vous y arrivez, cela vous paraît facile, essayez avec autre chose, un mur, une chaise, un verre ou toutes sortes d’objets du quotidien. Il faut choisir des objets très simples.

 Le jeu est plus complexe qu’il n’y paraît, il faut décrire l’objet avec précision sans montrer l’objet, sans utiliser le mot « ça » ou « truc » et sans qu’il n’y ait de confusion avec d’autres objets. Le mieux c’est de le faire à deux. Celui qui pose la question peut remarquer les erreurs, les imprécisions et les contradictions ou chercher d’autres objets qui peuvent avoir la même définition que celle de l’interlocuteur. Evidemment, on peut le faire avec des enfants, si on se prend au jeu, vous remarquerez la grande profondeur de l’exercice. Vous pouvez aussi utiliser des objets moins anodins comme une télévision ou une voiture, mais là, la discussion peut s’éterniser. 

Vous commencerez à apprendre aux enfants à abstraire. Vous pouvez aller beaucoup plus loin. Un jour, ma fille m’a dit qu’une voiture n’est pas vivante. Je lui ai demandé pourquoi. Le dialogue a bien duré une demi-heure car il est très difficile de trouver une contradiction entre vivant et voiture.

Cependant il faut faire attention en posant ce genre de question à un enfant. Etes vous, vous-même très clair sur ce que sont ces objets ?

 

Pour intégrer la notion d’objet mathématique, il faut d’abord maîtriser une langue avec précision. Il faut savoir reconnaître une définition précise d’une définition insuffisante. Un élève qui maîtrise mal la géométrie est souvent un enfant qui maîtrise mal sa propre langue. Je conseille aux parents étrangers de parler leur langue maternelle avec leurs enfants. Il vaut mieux une langue maternelle bien maîtrisée qu’une langue d’adoption approximative.

 

Quand vous passez aux mathématiques, vous pouvez poser les questions comme 

Qu’est ce qu’un nombre ? Un carré ? Un triangle ? Un cercle ?

 

Essayez de me dire ce qu’est un point, vous risquez de vous engouffrez dans des méandres très approximatifs mais quelle belle préparation à l’abstraction.

 

Repost 0
Published by Courtois - dans pedagogie
commenter cet article
15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 22:56
      J'utilise beaucoup cette image pour convaincre un élève d'écrire. Parfois, un élève qui ne comprend pas un exercice à résoudre, ne veut pas écrire. Or la compréhension passe aussi par la tentative, l'essai et surtout par l'erreur.
     J'ai fait beaucoup de saut en hauteur et je me souviens encore de cette appréhension avant de sauter qui aurait pu me paralyser s'il n'y avait pas un enjeu clairement identifié: passer au dessus de la barre. Pendant l'entraînement, on apprend les techniques de saut, le professeur détaille chaque mouvement et nous montre les différentes techniques. Mais la première fois que l'on saute en fosbury on n'essaye pas forcément de tout comprendre ...et on saute. Le résultat n'a finalement pas d'importance car il est rare que l'on réussisse la première fois. Il faut seulement recommencer.
    L'avantage de cette image, c'est que la plupart des élèves l'ont pratiqué au moins une fois.
   On peut utiliser d'autres comparaisons issus d'autre domaine:

Il faut se jeter à l'eau pour nager

Devant la cage de foot tu shootes sans forcément comprendre comment ton pied va se positionner pour tirer

Devant une console de jeu, tu joues avant de lire la notice. (pas forcément une méthode efficace mais qui marche plus ou moins bien suivant la complexité du jeu)

Danser c'est d'abord bouger. (même n'importe comment)

Pour skier,surfer, patiner ou véliplancher, il ne faut pas avoir peur de tomber.


Pour faire de la musique, il faut aussi jouer faux.

Pour dessiner il faut aussi faire des pâtés.


Et une derniére que l'on utilisera évidemment jamais avec un élève:
Évidemment si tu n'essayes rien tu resteras toujours puceau

Si vous en avez d'autres ?



Repost 0
Published by Courtois jerome - dans pedagogie
commenter cet article
15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 18:27

Un bon cours est un cours où je ne fais presque rien. Mais cela demande une sacrée préparation. Évidemment, avec l'expérience, cette préparation est plus rapide et je réutilise d'anciens matériels.

Je ne conçois plus d'enseigner les mathématiques sans l'informatique. Plus ça va, moins j'ai besoin d'intervenir dans un cours où mes élèves utilisent l'informatique. Ils se débrouillent parfois mieux que moi. En géométrie dans l'espace, certains de mes élèves réussissent facilement des exercices qui m'ont demandé personnellement d'énormes efforts. Pour ceux qui connaissent, je les fais travailler sur Interesp et Samao2. C'est fantastique. Il y a sur Internet des jeux qui abordent des parties du programme qui sont de très bonnes introductions ou conclusions:

Pour les vecteurs:

http://www.freegamesnews.com/en/?page_id=1724

http://www.q-lympics.de/iq-marathon/

http://www.caprisonne.de/core/games/piratenspiel/flash_piratenspiel.html

Pour la géométrie dans l'espace:

http://3dtris.de/

http://www.mathsnet.net/geometry/solid/houses.html

Je cherche encore un jeu abordant les factorisations.

 

Je n'hésite pas à rappeler des soi-disant évidences, du genre "tracer une tangente" ou "utiliser une règle"

Je n'hésite pas à demander des conseils à mes collègues. Je demande parfois à assister à quelques cours.

Le flou engendre le flou pour ne pas dire le bordel.

   Pendant un conseil de classe un professeur se plaint de la classe qui est agitée. Le proviseur lui demande sur quel texte ils sont entrain de travailler. A priori nous attendions un titre et un auteur mais il a répondu quelque chose de ce genre: "Un petit texte sur un jeune homme du XIXème qui se sent…il est simple…seulement il faut le lire…il arrive à Paris…je crois que…il est dans Paris…enfin cela devrait être à leur portée…Le jeune essaye de s'insérer…". Je caricature peut être mais cela donnait grossièrement cette impression. Moi et mes collègues n'étions plus très étonnés de l'ambiance de ses cours....

Repost 0
Published by Courtois jerome - dans pedagogie
commenter cet article
2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 22:20

Un inspecteur m'a dit une fois : "Les élèves c'est comme les vaches, il faut parfois les changer de pré"

Les élèves adorent toucher un clavier d'ordinateur. Il est parfois impressionnant d'entendre des élèves vous dire "c'est trop facile" sur un exercice fait à l'écran alors que vous suiez sang et eau pour leur expliquer la même chose au tableau

Savez vous que la majorité des élèves tiennent plutôt bien leur cahier et écrivent proprement et correctement ? Je dis bien la majorité, pas tous. C'est une bonne chose, bien sur, mais cela peut surtout être une source d'angoisse terrifiante. Ils bannissent l'erreur de leur cahier et de leur copie. J'interdis donc, le blanc, l'effaceur et le crayon noir quand ils font leurs exercices. Ils doivent barrer proprement. L'erreur est un coffre piégé qui ne faut pas ouvrir une seconde fois. Il faut donc inscrire dessus "ATTENTION DANGER !!"

Repost 0
Published by Courtois jerome - dans pedagogie
commenter cet article

Présentation

  • : le blog conseil-de-prof
  • : Conseils, trucs et astuces d'enseignant experimenté pour enseignant débutant
  • Contact

Un vieux professeur

Conseils, trucs et astuces pour professeurs débutants

  J'étais professeur de mathématiques dans un lycée qu'on appellerait un "Lycée Sensible". On y trouvait des problèmes de violence (finalement assez rare comparé à ce qui peut s'entendre), de niveau, de travail et d'absentéisme. Je suis maintenant dans un lycée "prestigieux" du centre de Paris. Booh, finalement les adolescents restent des adolescents.
    Je ne pense pas être un professeur excellent, j'ai choisi ce métier parce que j'aime les mathématiques, les élèves et les vacances. J'essaye de faire mon métier honnêtement. Je n'ai pas l'intention d'être un innovateur en matière de pédagogie, j'ai d'autres choses à faire.
    J'ai choisi de faire un petit inventaire des trucs qui m'ont permis de devenir un professeur convenable en lycée difficile. Je ne ferais pas de commentaires didactiques, ce n'est pas le propos. Je ne pense pas que mes propositions représentent un remède miracle. Elles peuvent ne pas convenir à d'autres. Parfois certains trucs conviennent à un moment et pas à un autre. Il faut les tester et les comprendre.
    
Je conseille avant tout chose une lecture qui m'a beaucoup aidé dans ma relation avec mes élèves: "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Je rends aussi honneur à Catherine Henri qui a écrit "De Marivaux et du loft", une collègue de français qui a une conception de l'enseignement qui ressemble beaucoup à la mienne.

Recherche