Conseils, trucs et astuces d'enseignant experimenté pour enseignant débutant
Il y a très longtemps que je n'ai pas eu de grosse crise avec l'un de mes propres élèves. Les crises les plus difficiles viennent des élèves qui traînent dans les couloirs et qui peuvent être générateur de troubles. Il faut les sanctionner sans faiblesse sinon la prochaine victime se sera moi ou mes élèves.
En général je leur demande leur carte de lycéen et s'il refuse, ce qui est majoritairement le cas, je vérifie que j'ai bien mon portable en poche avec le n° de l'administration et je rentre psychologiquement en "mode transparent": tous les cris et toutes les insultes devront glisser sur moi sans rien accrocher. Je les enregistre pour le rapport ultérieur. De plus je passe en mode vouvoiement. Je me prépare à parler le plus doucement possible mais fermement. Je m'interdis toutes insultes et toutes remarques sur la personne qui en face de moi. Mon vocabulaire doit être simple et je n'essaie jamais d'argumenter. Je n'ai rien à prouver, je ne suis pas en discussion, j'use d'autorité. Et je commence par "Pourriez-vous me suivre chez le proviseur s'il vous plaît"
En cas de refus, je sors le portable et j'appelle l'administration pour qu'ils interviennent. Dés qu'une tierce personne arrive, je les laisse discuter entre eux, cela permet de faire retomber la tension et bien sûr de savoir qui est l'élève en question. Ensuite je vais voir l'administration pour connaître les sanctions qui ont été prises. Pour l'instant mon administration a toujours été efficace et a pris des sanctions à bon escient.
Je passe dans le couloir, un élève donne un coup de pied dans la porte d'un collègue qui l'avait refusé car il avait une demi-heure de retard. Je lui demande sa carte. Il refuse. Il a fait le tour du lycée en remontant et redescendant tous les escaliers. Il pensait que j'abandonnerais la partie mais je ne l'ai pas lâché. J'avais mon portable en poche, un surveillant est arrivé. Il a été renvoyé trois jours. Plus pour les allées et venues que j'ai du subir, que pour le coup de pied.
Je suis en cours. Il est 17h45, un individu entre brutalement dans ma classe, saute, pourrait-on dire, et s'excuse de s'être tromper de salle. Il ressort et j'entends deux jeunes filles gloussées. Il a donc fait le coq et a voulu faire le malin devant ses deux camarades féminins. De plus j'ai du mal à croire que c'est une heure où l'on peut se tromper de salle. Je lui demande sa carte et il refuse. "Pourriez vous me suivre chez le proviseur s'il vous plaît". Il commence à argumenter: à dire que c'était de l'abus de pouvoir, que j'étais "ouf", que j'essayais de le niquer.... Je ne réponds à rien. Je demande dans le même temps à mes élèves de ranger leurs affaires et de partir. Je lui demande seulement de me suivre. Il accepte finalement. Je le laisse en tête-à-tête avec le proviseur, toujours pour faire retomber la tension. Je le retrouve dix minutes après, il s'est finalement excusé et a été renvoyé une journée.
A chaque fois les élèves jouent sur l'inaction présumée des adultes de nos établissements. Il ne faut jamais leur laisser la possibilité de répandre leurs instincts insouciants. C'est une affaire de respect envers eux. C'est entre autre pour cela que je ne lâche jamais l'affaire. Ensuite ces élèves me sourient, me disent bonjour et se découvrent devant moi. Beaucoup d'élèves de l'établissement me connaissent et savent que je ne faiblirai pas. Les débuts d'années sont de plus en plus facile sauf avec les secondes évidemment.